En allant sur CheckTesDroits.fr, les plus jeunes peuvent en premier lieu trouver des réponses simples à des questions prégnantes chez leur tranche d’âge : « on me harcèle, je fais quoi ? », « je peux choisir chez quel parent vivre ? », « combien coûte mon avocat ? »… Autant d’occasions d’obtenir « des réponses claires à ses questions sur ses droits », vante le site.

Individuel et personnalisé

Mais surtout, les moins de 18 ans peuvent prendre rendez-vous avec un avocat. « On est parti sur ce qui existait, explique la bâtonnière. Depuis trente ans, le Centre de recherches d’informations et de consultations sur les droits de l’enfant [le CRIC, NDLR] dispose à Bordeaux d’une expertise, avec des consultations en cabinet, mais aussi des interventions dans les écoles, les collèges et les lycées. On pose à ces professionnels de plus en plus de questions, sur le harcèlement ou la violence… C’est un format utile mais collectif, et qui ne permet pas nécessairement un dialogue individuel et personnalisé. »

C’est ainsi qu’a germé l’idée de Check tes droits. « On s’est inspiré de notre travail avec l’Aide victime avocat (AVA), actif depuis janvier 2025 », précise Me Delas. Il s’agit d’une ligne rouge (06 84 63 80 34) où toute victime peut contacter un avocat sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Même principe sur le site. « Un des 250 avocats du CRIC est de permanence chaque semaine. Si on le contacte, de manière sécurisée et interactive, on peut avoir rendez-vous avec lui en cabinet ou au téléphone, explique le barreau. C’est du sur-mesure. »

« On a imaginé s’adosser à un influenceur tourné vers les jeunes pour faire connaître le site. »

Loin d’être un gadget, cette nouveauté intervient dans un contexte de mobilisation pour les droits des enfants. L’Assemblée nationale vient d’adopter une proposition de loi visant à garantir le droit à chaque mineur d’être assisté d’un avocat dans le cadre des mesures d’assistance éducative et de protection de l’enfance. Désormais, la présence de ces défenseurs est obligatoire. « On a toujours milité pour ça », insiste Me Laveyssière.

Qui admet que le dispositif ne peut fonctionner que s’il est connu. « Il appartiendra aux nouveaux élus au bâtonnat d’en assurer la promotion, par exemple sur les réseaux sociaux. On a imaginé s’adosser à un influenceur tourné vers les jeunes pour faire connaître le site. Mais il faudra aussi étudier les partenariats avec le Département et le rectorat. »