À 38 ans, diagnostiqué d’un cancer incurable : le jour où tout
a basculé

À 38 ans, Jonathan Gluck vivait une existence rangée quand une
douleur tenace à la hanche l’a conduit à passer une IRM. Face au
compte rendu, il s’est accroché aux mots. « Une lésion ? », a demandé
Jonathan Gluck, selon CNBC. « Tu veux dire une tumeur ? » « Oui », a
confirmé le praticien. Le diagnostic est tombé, sec : un
myélome multiple, un cancer du sang qualifié
d’incurable. Le pronostic s’est révélé aussi froid
que l’hôpital : 18 mois à vivre.

Ces heures-là ont fissuré le temps. La peur, les scénarios qui
s’emballent, la vie qui se rétrécit d’un coup. Il a fallu prévenir
les proches, organiser le quotidien, encaisser le mot « incurable ».
Jonathan Gluck a commencé une traversée dont il ne connaissait ni
la durée ni l’issue. La suite, personne ne l’avait prévue.

Vingt ans après un pronostic de 18 mois : comment Jonathan
Gluck vit-il ?

Contre toute attente, il est toujours en vie 20 ans
après
. Le chemin a eu un coût : radiothérapies, douleurs
osseuses, infections, insomnies, vomissements. Au milieu du chaos,
une conviction l’a aidé à tenir : « Vous pouvez gérer plus que vous
ne le pensez », a-t-il compris. Il parle aussi des soignants qui
n’ont jamais décroché, des médecins joignables à 2 h du matin, des
infirmières qui vous prennent la main au pire moment : « Ce sont,
tout simplement, des héros ».

Son rythme a changé. Gluck se maintient, sans culte de la
performance : salle de sport quand il peut, alimentation plus
saine, et certaines journées entières sur le canapé sans
culpabilité. Il revendique la « précrastination » : « Si quelque chose
est important pour vous, n’attendez pas. Lancez-vous ! » Une autre
phrase guide ses choix, simple et frontale : « Si vous ne profitez
pas de votre vie, à quoi bon vivre ? » Depuis, il s’autorise à agir
maintenant plutôt que “quand ça ira mieux”.

Myélome multiple : progrès médicaux et une survie qui déjoue
les statistiques

Le myélome multiple reste un cancer hématologique complexe. Au
début des années 2000, la survie médiane tournait autour de 3 à 4
ans ; aujourd’hui, elle est passée à 8 à 11 ans grâce aux nouvelles
thérapies, et certains patients dépassent 15 à 20 ans. Les chiffres
n’annulent pas l’incertitude, mais ils racontent une réalité : les
trajectoires s’allongent, même quand la guérison au sens strict
n’est pas annoncée.

Dans son intimité, tout s’est recomposé. Avec sa femme Didi, le
couple a vacillé, puis s’est reconstruit : thérapie individuelle,
thérapie de couple, pas en avant, rechutes, puis un lien renforcé.
Les mots des autres l’ont marqué quand ils étaient nus et sincères.
« Pauvre gars. Je suis désolé », lui a dit un collègue. Une lettre
d’un ami d’enfance s’est achevée par « Tu es mon plus vieil ami ».
Parfois, ce sont ces phrases-là qui tiennent debout.

Que change ce témoignage pour malades
et proches ?

Si vous êtes malade, vous n’êtes pas une statistique. Le cas de
Jonathan rappelle qu’il existe des parcours longs, imprévus,
au-delà d’un pronostic de 18 mois. Le mental ne
remplace pas la médecine, mais il peut aider à choisir, prioriser,
demander de l’aide, oser des projets à court terme. La
« précrastination » devient un outil concret : prendre un
rendez-vous, lancer une démarche, dire ce qui compte,
aujourd’hui.

Si vous êtes proche, l’essentiel tient souvent en quelques mots.
Reconnaître la souffrance sans recettes, proposer une présence sans
envahir. Les soignants, eux, restent au cœur du récit de Gluck,
soutiens discrets et inlassables. Et pour tous, malades ou non, ce
témoignage met une question sur la table : qu’attend-on toujours
pour plus tard ? Comme le dit John Allen Paulos, cité par Jonathan
Gluck : « L’incertitude est la seule certitude qui existe, et
savoir-vivre avec l’insécurité est la seule sécurité ».