La défaite de Lille face à Rennes (0-2) samedi soir lors de la 17e journée de Ligue 1 a exposé un climat électrique dans et autour du club. Du craquage du président Olivier Létang envers l’arbitre à la décision de Bruno Genesio de zapper la conférence de presse d’après-match, en passant par les tensions en tribunes avec des supporters prenant à part les journalistes, retour sur une soirée bien difficile.

Cela devait être une bonne manière de démarrer l’année 2026 pour le LOSC: un match à domicile face à un concurrent direct pour les places européennes, une promesse de joli spectacle et d’un affrontement équilibré censé ravir la foule. Pourtant, ce Lille-Rennes (0-2) comptant pour la 17e journée de Ligue 1 restera sans doute dans les esprits, a posteriori, pour des raisons bien différentes, loin des ambitions de beau jeu que se sont évertués à défendre les acteurs sur la pelouse.

Après le carton rouge, Genesio et Létang pètent les plombs

Le premier acte, qui sera le fil rouge de cette soirée sous tension, intervient dès la 14e minute. Alors qu’il avait raté son contrôle sur un ballon anodin, le défenseur brésilien Alexsandro voyait Breel Embolo lui passer devant et se diriger vers le but. Le joueur lillois crochetait son adversaire, une faute sanctionnée d’un carton rouge par l’arbitre de la rencontre Eric Wattelier. De quoi déplaire au stade Pierre-Mauroy, qui a ensuite lâché des chants insultants à l’encontre de l’arbitre de la rencontre pendant de nombreuses minutes.

À la pause, c’est l’heure du deuxième acte: l’entraîneur des Dogues Bruno Genesio, remonté comme jamais contre l’arbitrage, est retenu par son propre joueur, Nabil Bentaleb, tandis que son président Olivier Létang s’emporte dans les couloirs. « Vous savez ce que vous avez fait! C’est une honte! C’est un scandale! J’en reviens pas! Vous n’êtes même pas capable de parler calmement! »

Chants insultants et homophobes à deux pas de la tribune de presse de la part des DVE

Lors de la deuxième période, les Rennais parviennent à percer le verrou lillois à deux reprises peu après le retour des vestiaires, assez pour s’offrir un avantage décisif. En tribunes, certains supporters prennent le relais de Létang et manifestent leur énervement contre les journalistes. Déplacés juste à côté de la tribune de presse en raison de la fermeture de leur tribune pour usage d’engins pyrotechniques, les Dogues Virage Est (DVE) – principal groupe de supporters lillois – multiplient les chants insultants et homophobes envers la Ligue, les médias, l’arbitre ou encore… les Lensois.

Encore sur les nerfs, Genesio zappe la conférence de presse

Après le coup de sifflet final, Bruno Genesio décide de zapper la conférence de presse d’après-match, peut-être pour ne pas être rattrapé par les mots qu’il allait prononcer envers l’arbitrage de la rencontre. « Un choix personnel », indique la direction de la communication du club, qui devrait toutefois lui valoir une amende pour manquement à ses obligations.

Présent face aux journalistes, Habib Beye, l’entraîneur rennais, ne pouvait que regretter ces attitudes. « Pour moi, le terrain appartient aux acteurs du terrain et donc le terrain devrait appartenir aujourd’hui aux joueurs, aux staffs et à personne d’autre, en tout cas pas sur un terrain de foot et pas dans une logique de mettre la pression sur qui que ce soit. »

Seul phare dans la tempête, Nabil Bentaleb s’arrêtait en zone mixte pour délivrer des paroles emplies de sagesse. « On a assez d’expérience pour savoir qu’on ne doit se préoccuper que de ce qu’on peut contrôler et ça se passe sur le rectangle vert. Maintenant, les décisions arbitrales, on peut les contester ou ne pas être d’accord. Mais on est sur le terrain et il n’y a que là où on peut affecter le score. »

Interrogé sur le climat électrique autour du club ce samedi soir, le milieu de terrain bottait pourtant en touche. « C’est l’impression que vous avez, ce n’est pas la nôtre. On est sereins. Peut-être que ce n’est pas ce qu’on dégage, mais en tout cas, on l’est. »