Sophia Chikirou, candidate LFI à la mairie de Paris, sera jugée en mai 2026 pour escroquerie par le tribunal correctionnel de Paris. Prévu le 12 mai, ce procès se penchera sur des faits présumés remontant à juillet 2018, a appris l’AFP de source judiciaire, dimanche 4 janvier 2026. Pour la candidate, il s’agit d’un simple « différend commercial » déjà réglé.

Sophia Chikirou est soupçonnée d’avoir « tenté à plusieurs reprises de tromper la banque Crédit du Nord » au préjudice du site d’actualité Le Média, qu’elle avait cofondé. Ses « tentatives » visaient à remettre une somme de plus de 67.000 euros à Mediascop, sa société de conseil en communication, a précisé la source judiciaire.

Dans ce dossier, les enquêteurs ont mis en avant « un commencement d’exécution » : la prévenue est accusée de s’être présentée comme présidente de la société Le Média alors qu’elle « n’avait plus cette qualité » et d’avoir demandé un virement, finalement non abouti, car il n’y avait pas suffisamment d’argent sur le compte.

Le virement n’a toutefois pas été réalisé car le chargé de compte s’est « méfié » au regard « des circonstances particulières de l’opération » et que la « nouvelle présidente » du Média a fait « opposition ». Sophia Chikirou doit aussi comparaître pour avoir « soustrait frauduleusement deux formules de chèque ».

Une affaire sans « plaignant ni préjudice », dénonce Chikirou

L’annonce du procès a fait bondir Sophia Chikirou, investie par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon comme tête de liste aux municipales de mars 2026. Elle était la seule candidate. « Le parquet de Paris décide de me faire un procès en pleine campagne municipale au sujet d’une histoire datant de 2018 qui relève d’un différend commercial entre deux sociétés », a réagi Sophia Chikirou après de l’AFP

« Depuis, cette date, les deux sociétés ont convenu d’un accord et ont cessé toutes leurs démarches », a-t-elle affirmé. « C’est donc un procès décidé par le ministère public pour une affaire où il n’y a aucun plaignant ni préjudice ! L’affaire est éminemment politique et n’a pour but que de salir et gêner ma campagne », a-t-elle fustigé.

Figure de premier plan de LFI et proche de Jean-Luc Mélenchon, dont elle a dirigé la communication lors des campagnes présidentielles de 2012 et 2017, Sophia Chikirou est également mise en examen depuis septembre 2024, notamment pour escroquerie aggravée, dans une information judiciaire liée aux comptes de campagne 2017 de Jean-Luc Mélenchon. Les investigations sont en cours et elle conteste les accusations.

Rachida Dati, candidate à Paris et également mise en examen

Sophia Chikirou n’est pas la seule aspirante à la mairie de Paris, à avoir maille à partir avec la justice. La ministre Rachida Dati fait l’objet de plusieurs enquêtes, dont l’une a conduit en décembre à des perquisitions dans sa mairie du 7e arrondissement et à ses domiciles. Surtout, Rachida Dati doit comparaître en septembre 2026 dans un procès pour corruption et trafic d’influence, aux côtés de l’ancien magnat de l’automobile Carlos Ghosn.