Les scientifiques de l’Université Friedrich von Schiller, à Iéna, ont passé à la loupe une épée rouillée. Ils y ont découvert le nom de son forgeron, un artisan réputé de la ville de Solingen, située à 400 kilomètres du lieu de découverte.
Les technologies modernes ont permis de révéler de précieuses informations sur l’histoire artisanale de la ville de Iéna, en Allemagne. À l’aide d’un procédé d’imagerie médicale nommé la « tomographie assistée par ordinateur » (TAO), les chercheurs de l’institut INNOVENT e.V. ont mené une longue étude sur une épée de la Renaissance retrouvée il y a plusieurs années dans une crypte de l’université Friedrich von Schiller, l’un des établissements scolaires les plus anciens du pays.
Ils ont identifié sous l’importante couche de rouille qui entourait l’arme une inscription correspondant à son forgeron, un certain Clemes Stam. Selon un communiqué publié en octobre dernier par l’institut, cet homme était un artisan réputé dans les rues de la ville allemande de Solingen à la fin du XVIe siècle, à 400 kilomètres de Iéna. Pour réaliser cette épée, l’artisan a soudé plusieurs types d’acier entre eux, à savoir un acier dur pour la partie tranchante et un souple pour le cœur de la lame.
Un forgeron à la clientèle très élitiste
Les archéologues pensent que l’épée ne pouvait appartenir qu’à un recteur de l’université Friedrich von Schiller ou à un étudiant issu de l’aristocratie. Car les artisans aiguiseurs de la Renaissance, dans cette région de l’Allemagne, avaient une clientèle très élitiste. Ils vendaient leurs armes qu’aux nobles et grands intellectuels, dont le roi d’Espagne.
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Ce n’est pas la première fois que les chercheurs mettent au jour ce type d’objet. Des armes comparables, utilisées entre 1580 et 1620, sont actuellement conservées dans un musée de Solingen. À Iéna, ce sont les scientifiques de l’université qui sont à l’origine des découvertes archéologiques. Ces derniers ont lancé en 2018 un projet baptisé « Histoire des débuts de l’université d’Iéna à partir du quartier universitaire, avec une attention particulière pour les tombes des recteurs », précise le communiqué. Ils ont déjà découvert dans ce cadre des bijoux, livres, vêtements et épées.