Un scandale vient de frapper ce régiment. Le dossier ouvert par le commandement de l’armée de terre porte sur plus de 200 délits à caractères pénal et disciplinaire commis dans les murs de la caserne de Niederauerbach. Les investigations, déjà détaillées sur 6 000 pages, se poursuivent. À ce stade, 55 suspects ont déjà été identifiés dont plusieurs sous-officiers. 19 exclusions de la troupe sont effectives ou en cours, et 16 dossiers ont été transmis à la justice civile notamment pour consommation de cocaïne et usage de symboles anticonstitutionnels.

« Fête nazie » et bizutage

Le parquet dispose de photos de soldats prises lors d’une « fête nazie » : ils posent en uniforme noir et brassards rouges. Le blog (Augen geradeaus) de Thomas Wiegold, journaliste observant la vie militaire depuis trente-deux ans, fait référence. Il n’a pas été surpris par le scandale mais « par sa dimension ». Plusieurs témoignages font état de « références permanentes à la Wehrmacht, de saluts hitlériens dans les couloirs, d’insultes antisémites et de rituels violents ». Comme le bizutage de la broche accrochée sur la poitrine après le premier saut sur laquelle frappent les autres parachustistes de l’unité « jusqu’au sang et avec un plaisir certain » a témoigné une femme dans les colonnes de la “Frankfurter Allgemeine Zeitung”.

Ce sont deux soldates victimes d’exhibition sexuelle et de menaces de viols, parfois de la part de leur supérieur direct, qui ont dénoncé l’été dernier les agissements de cette clique d’extrême droite. Elles ont remis un rapport à la commissaire aux forces armées du Bundestag. Lors d’une visite dans cette caserne de 1 200 soldats, en octobre 2024, Eva Högl avait incité les jeunes femmes parachutistes (5 % des effectifs) à « dénoncer les discriminations et les humiliations ».

« Réfléchir avant de s’engager »

Souvent en traitement thérapeutique, celles qui ont parlé depuis ont quitté l’armée, après avoir beaucoup donné pour intégrer ses rangs. La Bundeswehr essaie justement d’initier le mouvement inverse. Sa campagne de recrutement cible en particulier les jeunes femmes, avantageusement présentées en tenue camouflage ou à la tourelle d’un char sous le slogan « Weil du es kannst » (« Parce que tu le peux”) relayée sur TikTok et Youtube.