C’était un « passionné de la vie, un épicurien », dit de lui son collègue à Var-matin, Franz Chavaroche, qu’il retrouvera comme chef du service photo du groupe Nice-Matin après la fusion des deux titres. Patrick Clementé est décédé, soudainement, le 1er janvier.
Pigiste depuis les années quatre-vingt, puis photographe qui a couvert l’actualité des territoires de Saint-Raphaël, Fréjus, Saint-Tropez, mais aussi Menton, Monaco, Cannes et Antibes jusqu’en 2015, quand il quittera le journal.
Lui, le Cannois, né à Alger en 1959, dans une famille d’émigrés espagnols va s’installer sur la Côte d’Azur après l’indépendance de l’Algérie.
« Un personnage magnifique. Une grande gueule qui fonctionnait à l’instinct », croque Franz Chavaroche. « Un personnage », c’est aussi ce que retient Robert Yvon, journaliste à l’agence locale d’Antibes, qui a partagé de nombreux sujets et reportages avec Patrick Clementé.
« Il était dans l’exigence, avec un sacré caractère et le cœur sur la main ». L’ancien rédacteur fait ressurgir ce souvenir d’un Patrick Clementé qui, perché sur un arbre de la Croisette, réussit à décrocher des photos de Clint Eastwood alors que la légende hollywoodienne est quasi inapprochable à l’occasion d’un de ses passages au Festival de Cannes.
Pour ses collègues chasseurs de clichés de Nice-Matin, Patrick Clemente c’était également « un gars très gentil qui adorait faire les Guignols de l’info lors du Festival de Cannes », selon Patrice Lapoirie, ou « un photographe bon de partout qui se débrouillait toujours à trouver de bons angles, à ramener de bonnes images », s’incline Serge Haouzi.
« Le roi de la daube et de la paella »
« Il s’est lancé d’un coup. Il prenait toutes les photos lors des événements familiaux. C’était une vraie passion », rembobine un de ses deux fils, Christophe, ému quand il égrène les années intenses lors desquelles lui et son frère, Frédéric, ont dû abandonner leur papa aux besoins du métier.
Quand elle conte leur rencontre, Sylvie, sa compagne des treize dernières années, glisse, elle, avoir été séduite par « tout, mais surtout sa bonne humeur ».
« Il a toujours aimé la photo », décrit-elle. Ce que Patrick Clementé aimait aussi, par-dessus tout, c’était la cuisine : « le roi de la daube », couronne Lionel Paoli, ancien chef adjoint de l’agence Nice-Matin d’Antibes.
« Et de la paella », ajoute Sylvie. « Il vivait sa passion de la photo comme celle de la bonne bouffe, et il te la faisait vivre », se délecte Franz Chavaroche.
Ses obsèques seront organisées le lundi 12 janvier à 9 heures au crématorium de Cannes.