Andry Rajoelina, l’ex-président malgache, s’est exprimé pour la première fois sur ses réseaux sociaux depuis qu’il a été renversé mi-octobre. « C’est en mon âme et conscience que j’ai fait le choix de m’écarter, plutôt que d’entraînerle peuple Malagasy (ndlr: malgache) dans l’affrontement et le chaos », indique l’ancien chef d’État, exfiltré par un avion militaire français le 12 octobre. Deux jours plus tard, les militaires commandés par le colonel Michaël Randrianirina annonçaient prendre le pouvoir.

« Aujourd’hui, l’heure n’est ni à la haine ni à la vengeance, mais à l’unité et à la responsabilité », ajoute Andry Rajoelina, alors que la nouvelle ministre de la Justice malgache avait promis des poursuites judiciaires à son encontre. « Je souhaite que cette nouvelle année soit une année où les divergences laissent place au dialogue, où le peuple retrouve espoir, car les Malagasy méritent un avenir meilleur », assure le président déchu.

Quelques jours plus tôt, là aussi à l’occasion des fêtes de fin d’année, la Conférence des évêques de Madagascar a mis en garde les autorités de transition. « Les crises montrent que nous ne savons pas tirer les leçons de l’histoire », affirment les représentants religieux, qui dénoncent « la persistance de corruptions scandaleuses », comme l’a relevé RFI. La Franc, qui cherche depuis à se rapprocher de Maurice, peut également s’inquiéter des signes d’une proximité avec Moscou. Les 20 et 21 décembre, une importante délégation russe s’était rendue à Madagascar, avec du matériel militaire destiné à la garde présidentielle, comportant notamment des fusils et des lance-roquettes antichars selon l’agence de presse Bloomberg.