Frère et sœur dans la vie, Zoémie et Zachary sont aussi les deux fondateurs de la jeune pousse Zamas. Cette société montpelliéraine se développe sur un constat implacable : les services de propreté urbaine des communes ne disposent pas de données et d’outils numériques adaptés pour gérer leur activité. Ancienne stagiaire chez Citeo, Zoémie Cassette y est alors chargée de créer un état des lieux des corbeilles de rue pour le compte d’une commune. Et là, le verdict tombe : « Les responsables techniques ne savent pas vraiment combien ils avaient de corbeilles, ni comment optimiser les tournées pour les vider… Tout était fait avec des plannings remplis à la main », raconte la jeune femme qui, dès 2021, mobilise son frère, ingénieur de l’École des Mines d’Albi et énergéticien, pour créer un système d’information adapté à la gestion urbaine.
De cette idée, Zamas va naître en 2024 et se perfectionner, jusqu’à développer un assistant intelligent à la planification et au suivi opérationnel des services techniques des communes. Le tout avec une interface simple pour cartographier les équipements, suive les véhicules ou encore gérer les emplois du temps des agents. « Nous sommes aussi aidés par la réglementation qui évolue grâce à la loi Agec », complète Zachary Cassette. « Cette loi anti-gaspillage pour une économie circulaire impose aux fabricants de tout ce qui est jetable (chewing-gum, gobelets, cigarettes, etc.) de financer le nettoyage. C’est une enveloppe de 500 millions d’euros qui peut inciter les collectivités à s’équiper. »
Avoir une vision globale de l’espace public
Zamas peut déjà compter sur plusieurs communes référentes, comme Lodève, qui a été l’une des premières à tester leurs solutions, ou encore Clermont-l’Hérault, et depuis, d’autres collectivités manifestent leur intérêt. Objectif, développer l’activité de Zamas, encore toute jeune, en doublant le chiffre d’affaires tous les ans.
Mais les deux dirigeants veulent aller plus loin. « En France, on ne prend pas assez soin de notre espace public, de nos villes. On fait beaucoup de curatif, on nettoie, mais on n’anticipe pas. Les agents sont trop invisibilisés », explique encore Zoémie Cassette. « Il faut aussi travailler sur la prévention, la communication dans les entreprises, l’éducation dans les écoles… Il faut reconnaître le travail des agents techniques qui ne sont pas assez valorisés. Aujourd’hui, ils ne font que nettoyer. Demain, ils pourraient aussi avoir un rôle global dans l’organisation de la ville. ».
De quoi imaginer une nouvelle conception de l’espace urbain, à condition bien sûr de faire évoluer les mentalités.
M.V.
Sur la photo : Zoémie et Zachary Cassette, cofondateurs de la jeune pousse Zamas lors de l’édition 2025 du salon Pollutec. Crédits : M.V.-ToulÉco.