préhistoire – De minuscules pointes de projectile triangulaires ont été identifiées dans les plus anciennes couches d’occupation du site d’Obi-Rakhmat en Ouzbékistan, vieilles de 80.000 ans
En combinant archéologie et génétique, de nouvelles découvertes en Asie centrale esquissent un scénario inédit : Homo sapiens serait resté longtemps au cœur de l’Eurasie avant de gagner l’Europe, armé d’innovations décisives. Le point avec Hugues Plisson de l’université de Bordeaux et Andrey I. Krivoshapkin de l’académie des sciences russe.
Développés en Europe occidentale et plus particulièrement en France à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les cadres chrono-culturels et anthropologiques de la Préhistoire et les modèles évolutifs qu’ils inspirèrent furent d’abord linéaires et européocentrés : Cro-Magnon descendant de Néanderthal posait les fondements d’une supériorité civilisationnelle dont se prévalait alors cette partie du monde. Ce n’est qu’un siècle plus tard que sera mise en évidence l’origine africaine d’Homo Sapiens et des traits technologiques et sociaux structurants du Paléolithique supérieur occidental, de ~ 45 000 à 12 000 ans avant le présent (productions symboliques, réseaux à grande distance, outillages et armements lithiques et osseux diversifiés).
Les plus anciennes évidences de présence d’Homo Sapiens en Australie vers 65.000 ans précèdent de dix millénaires celles de l’Europe dont les modalités du peuplement demeurent sujet de discussion. À ce jour, le calage chronologique des toutes premières occupations européennes du Paléolithique supérieur par rapport à celles de l’est du bassin méditerranéen, pourtant regardées comme les plus proches, demeur(…)
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