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Rédaction Le Républicain Langon

Publié le

4 janv. 2026 à 12h00

Il n’est pas rare de croiser Daniel Olivier, silhouette tranquille et regard en éveil, appareil photo à portée de main du côté de Monségur en Gironde. Il se définit comme photographe de rue, héritier de la grande tradition française de l’après-guerre, celle des Doisneau, Cartier-Bresson ou Ronis.

« J’essaie toujours de raconter une histoire »

« C’est un peu mon époque », confie-t-il. La passion lui vient de son père, mais c’est à la retraite qu’il s’y adonne pleinement. « Et comme j’aime bien faire les choses, je me suis plongé dans les albums des grands photographes humanistes. » Tous, observe-t-il, furent des « reporters illustrateurs » : témoins du quotidien, guetteurs d’instants vrais.

Pour Daniel, photographier la rue revient à faire de la politique sans slogans, par le seul regard posé sur la condition des hommes. « Beaucoup de gens font des photos, mais moi j’essaie toujours de raconter une histoire. Il faut qu’il s’en dégage quelque chose : un récit, même implicite. » Toutes ses images sont volées – non par effraction, mais par furtive tendresse.

Un contemplateur de notre société

Les poses l’ennuient, comme tout ce qui prétend être parfait. Il distingue trois figures du photographe de rue : le cueilleur, le chasseur et le graphiste. Lui se sent cueilleur-chasseur, arpentant Paris, avant tout, mais aussi Tokyo ou New York.
« Ces villes sont de véritables terrains de jeu. On y trouve l’humanité à nu. » Il regrette toutefois une certaine mutation du monde : « Les villes ont changé, les gens aussi. Ils ne se regardent plus. Après-guerre, il y avait une joie simple dans la rue ; aujourd’hui, chacun est absorbé par un écran. Même ailleurs, tout se ressemble. L’uniformisation a gagné du terrain. »

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De cette mélancolie lucide est né son dernier album, « Bonjour, je t’aime, » consacré à l’amour sous toutes ses formes – celui qui se devine dans la rue, souvent à son insu. Un geste, une ombre, un visage tourné vers l’autre : fragments d’émotion pris sur le vif, sans apprêt ni artifice. Un travail d’une grande délicatesse, disponible sur commande auprès de l’auteur ([email protected]).

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