Mamma mia

Au pays de la Bonne Mère, quoi de mieux qu’une exposition qui explore 4.000 ans de représentations de la maternité à partir des cultures méditerranéennes. Avec « Bonnes Mères », le Mucem réunit icônes religieuses, mères patriotes, figures populaires et artistes contemporaines et les fait dialoguer pour interroger une expérience à la fois intime, sociale et politique. En trois temps, le parcours déconstruit les injonctions, révèle la diversité des vécus maternels et éclaire les liens, parfois complexes, entre mères et enfants.

ℹ️ « Bonnes mères », du 18 mars au 31 août au Mucem (Marseille).

Matisse, dernière séance

Henri Matisse, « La Chute d'Icare », (1943).Henri Matisse, « La Chute d’Icare », (1943). (Crédits : LTD/Collection privée/courtesy Galerie de l’Institut)

Il y a chez Henri Matisse une idée tenace : celle que la fin qui approche n’est pas une clôture, mais une ouverture. C’est ce que rappelle magistralement l’une des expositions les plus attendues de 2026, « Matisse – 1941-1954 », présentée au Grand Palais au printemps. À près de 80 ans, affaibli par la maladie, Matisse n’entame pas un retrait mais invente l’un des langages les plus audacieux de l’art moderne : la gouache découpée.

Plus de 230 œuvres – peintures, dessins, livres illustrés, textiles, vitraux et papiers découpés – révèlent une liberté éblouissante, nourrie de couleurs pures et de formes simples. Cette période tardive n’est ni une parenthèse ni un appendice, mais un sommet. La peinture s’y déploie avec une intensité renouvelée, comme le montrent les Intérieurs de Vence, le livre Jazz ou les dessins à l’encre.

Point d’orgue du parcours : la réunion exceptionnelle des grandes gouaches découpées – La Tristesse du roi, Danseuse créole, Zulma et les célèbres Nus bleus. Peu de temps avant cette rétrospective événement, Les Bassins des Lumières de Bordeaux proposent une nouvelle expérience immersive, presque hypnotique. Dans l’ancienne base sous-marine, les œuvres de Matisse se déploient en projections monumentales, accompagnées d’une bande-son mêlant musiques classique et contemporaine. Une symphonie visuelle qui fait dialoguer couleurs, mouvements et motifs, et prolonge, autrement, l’élan vital d’un artiste qui n’a jamais cessé de chercher la lumière.

ℹ️ « Matisse – 1941-1954 », du 24 mars au 26 juillet au Grand Palais (Paris 8e) grandpalais.fr, et « Matisse, la symphonie des couleurs », à partir du 7 février, Imp. Brown-de-Colstoun (Bordeaux), bassins-lumieres.com

Le LaM rouvre avec Kandinsky

Impression V (Parc) (1911).Impression V (Parc) (1911). (Crédits : LTD/Centre Pompidou, MNAM-CCI/Hélène Mauri/Dist. GrandPalaisRmn)

Après un an et demi de travaux, le LaM de Villeneuve-d’Ascq rouvre avec des bâtiments rénovés et des espaces intérieurs repensés, connectant le musée au jardin, qui accueille d’ailleurs une

nouvelle sculpture, Bayonne Pavilion de l’artiste américain Dan Graham, figure majeure du minimalisme et de l’art conceptuel. Et pour fêter en beauté ce retour, une exposition événement, conçue avec le Centre Pompidou, explorera un aspect méconnu du travail de Kandinsky : le rôle des images.

ℹ️ « Kandinsky face aux images », du 20 février au 14 juin au LaM, Villeneuve-d’Ascq (Nord).

La mode africaine

Des modèles posent au Nigeria, en 2019.Des modèles posent au Nigeria, en 2019. (Crédits : LTD/Lagos Fashion Week/Stephen Tayo)

L’exposition « Africa Fashion », créée au Victoria & Albert Museum de Londres, arrive à Paris au printemps, au musée du Quai Branly – Jacques Chirac. Elle met en lumière la scène créative africaine à travers les silhouettes de Thebe Magugu (en photo), Imane Ayissi, la marque de mode nigérienne Iamisigo et Lisa Folawiyo, qui dialoguent avec les collections textiles du musée. Entre héritages, audace et engagement culturel, vêtements et accessoires racontent une mode africaine affranchie des clichés et incontournable sur la scène internationale.

ℹ️ « Africa Fashion », du 31 mars au 12 juillet au musée du Quai Branly – Jacques Chirac (Paris 7e).

La BO des jeux vidéo

« Video Games & Music », du 2 avril au 1er novembre à la Philharmonie de Paris.« Video Games & Music », du 2 avril au 1er novembre à la Philharmonie de Paris. (Crédits : LTD/That Game Company)

Mario Bros., Pac-Man, Zelda… Quelques notes suffisent à réveiller la mémoire collective. À la Philharmonie de Paris, « Video Games & Music » explore un demi-siècle de création sonore vidéoludique, des premiers bips de Pong aux orchestrations monumentales de Final Fantasy. Le médium attire des artistes majeurs comme Jean-Michel Jarre, Yellow Magic Orchestra, Nine Inch Nails, Radiohead ou le Wu-Tang Clan, qui jouent avec ses codes. L’expo pop à ne pas manquer en 2026.

ℹ️ « Video Games & Music », du 2 avril au 1er novembre à la Philharmonie de Paris.

Martin Parr, chroniqueur de notre temps

Great Dorset Steam Fair (2022).Great Dorset Steam Fair (2022). (Crédits : LTD/Martin Parr/Magnum Photos, courtesy Galerie Clémentine de la Féronnière)

Cette exposition, qui n’était pas prévue comme posthume, prend aujourd’hui une dimension émouvante avec la disparition, le 6 décembre, de Martin Parr. Photographe de l’agence Magnum et chroniqueur de nos dérives kitsch, il s’éteint à 73 ans, laissant orphelin son immense fan-club.

Fin janvier, une rétrospective au Jeu de paume, pensée par Quentin Bajac, avec la collaboration de Martin Parr lui-même et de Clémentine de la Féronnière, se mue en hommage à 50 ans de regard ironique et incisif sur notre monde. Couleurs saturées, dérision mordante, humour décalé, le Britannique a documenté le tourisme de masse, la frénésie consumériste, notre rapport aux animaux et aux technologies à travers le monde.

Plus de 180 œuvres des années 1970 à nos jours traversent ce parcours, du noir et blanc de ses débuts aux séries récentes. Cinq sections : loisirs et paysages, consommation, tourisme, cohabitation humain-animal, addictions technologiques. Chaque image révèle nos travers et absurdités, transformant supermarchés, plages et salons en théâtres de nos vies modernes. Ses clichés forment une guérilla visuelle, drôle et subtile, fissurant nos visions idéalisées du monde.

Derrière l’humour, une conscience aiguë des déséquilibres de notre planète et des dérives contemporaines. En 2021, il analysait ainsi son travail : « Je crée un divertissement, qui contient un message sérieux si l’on veut bien le lire, mais je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit – je montre simplement ce que les gens pensent déjà savoir. »

ℹ️ « Martin Parr – Global Warning », du 30 janvier au 24 mai au Jeu de paume (Paris 8e).

Mais aussi…

– « Louise Nevelson – Mrs. N’s Palace »
📆 du 24 janvier au 31 août
📍 Centre Pompidou Metz

« La Redoute, un temps d’avance – Mode, design, publicité »
📆 du 7 mars au 5 juillet
📍 La Piscine de Roubaix

Deux expos Renoir
📆 du 17 mars au 5 juillet
📍 Musée d’Orsay (Paris)

Nan Goldin
📆 du 18 mars au 21 juin au salon d’honneur
📍 Grand Palais et à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière (Paris)

« Byblos, cité éternelle »
📆 du 24 mars au 23 août
📍 Institut du monde arabe (Paris 5e)

« Henri Rousseau, l’ambition de la peinture »
📆 du 25 mars au 20 juillet
📍 Musée de l’Orangerie (Paris 1er)

« Par-delà les mille et une nuits –Histoire des orientalismes »
📆 du 25 mars au 20 juillet
📍 Louvre-Lens

« Avant les nymphéas – Monet découvre Giverny, 1883-1890 »
📆 du 27 mars au 5 juillet
📍 Musée des impressionnismes (Giverny), avant une exposition à l’automne à l’Orangerie

« Lee Miller »
📆 du 3 avril au 26 juillet
📍 Musée d’Art moderne (Paris 16e)

« Cling ! La bande dessinée parle cash »
📆 du 10 avril au 6 septembre
📍 Monnaie de Paris (6e)

« Hilma af Klint (1862-1944) »
📆 du 6 mai au 30 août
📍 Grand Palais (Paris 8e)

« Voyage à l’anglaise – William Turner et les artistes du “Grand Tour” aux XVIIIe et XIXe siècles »
📆 du 20 novembre 2026 au 22 mars 2027
📍 Palais des Beaux-Arts de Lille