Kiev frappe uniquement des « cibles militaires » russes, a déclaré vendredi à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole de l’armée ukrainienne après que Moscou a accusé Kiev d’avoir tué 27 civils lors d’une frappe de drones sur un café et un hôtel dans une zone occupée du sud de l’Ukraine.

Les Forces de défense de l’Ukraine respectent les normes du droit international humanitaire et frappent exclusivement des cibles militaires ennemies, a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’état-major, Dmytro Lykhoviy.

Une source au sein des forces de défense ukrainiennes a confirmé l’attaque à l’AFP tout en assurant qu’elle avait ciblé un rassemblement militaire russe dans un site fermé aux civils.

La Russie avait accusé jeudi Kiev d’avoir frappé un café et un hôtel pendant les célébrations du Nouvel An dans le village de Khorly, situé sur une minuscule péninsule de la côte de la mer Noire dans la partie occupée de la région ukrainienne de Kherson.

Un nouveau bilan, fourni vendredi par le gouverneur de la région de Kherson nommé par Moscou, Vladimir Saldo, fait état de la mort de 27 civils, dont 2 enfants. Un précédent bilan jeudi des autorités russes faisait état de 24 morts.

La Russie a accusé Kiev de torpiller consciemment toute tentative de recherche de solutions pacifiques au conflit.

Une frappe russe fait 19 blessés à Kharkiv, Moscou dément

Vendredi, l’Ukraine a accusé la Russie d’avoir frappé le centre-ville de Kharkiv avec des missiles balistiques, faisant au moins 19 blessés, dont un bébé de six mois et des personnes âgées de 20 à 70 ans.

Moscou a démenti les accusations du gouverneur régional Oleg Synegoubov.

Ces accusations de part et d’autre ont lieu alors que des conseillers à la sécurité de pays européens alliés de l’Ukraine doivent rencontrer samedi à Kiev des responsables ukrainiens, avec la participation par visioconférence d’une équipe américaine. Selon le président, Volodymyr Zelensky, une quinzaine de pays ont confirmé leur participation ainsi que des représentants de l’Union européenne et de l’OTAN.

Ces accusations interviennent dans un contexte d’intenses efforts diplomatiques pilotés par les États-Unis, visant à mettre fin à la guerre entre Kiev et Moscou déclenchée il y a presque quatre ans par l’invasion russe de l’Ukraine, pire conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Des flammes et de la fumée s'élèvent d'un incendie après une attaque de drone.Ouvrir en mode plein écran

Les minutes suivant l’attaque ukrainienne de drone dans le village de Khorly le 1er janvier 2026, dans la région de Kherson, une zone ukrainienne contrôlée par la Russie.

Photo : Reuters / Governor of Kherson Region Vladi

Kiev a, elle aussi, accusé Moscou de chercher à saper le processus diplomatique avec de la désinformation.

La Russie a eu recours à plusieurs reprises à la désinformation et à de fausses déclarations, notamment dans le but d’influencer les partenaires internationaux de l’Ukraine et le cours des négociations de paix, a déclaré M. Lykhoviy.

Un porte-parole militaire ukrainien, Viktor Tregoubov, s’est moqué des accusations russes sur les réseaux sociaux jeudi.

Alors, qui séjournait à l’hôtel pour le Nouvel An dans un village situé près de la ligne de front, dans la région de Kherson […]? Bien sûr, c’était la population locale! Ils vont toujours dans des hôtels pour le Nouvel An! Les plages de Kherson sont particulièrement accueillantes à moins quatre degrés, a-t-il écrit sur Facebook.

Un communiqué de l’état-major publié jeudi matin a mentionné des frappes ukrainiennes ayant touché deux zones de concentration de personnel militaire et un poste de commandement de drones ennemi, sans toutefois les localiser.