L’année 2026 débute sous de très mauvais auspices pour les joueurs PC. En Allemagne, un revendeur a confirmé avoir été contraint de suspendre la vente des cartes graphiques NVIDIA GeForce RTX 5090, RTX 5080 et RTX 5070 Ti en raison de graves problèmes d’approvisionnement au sein de la chaîne de distribution.

D’après des images partagées par un commerçant sur Reddit, le distributeur aurait tout simplement annulé les commandes de ces modèles, faute de stock disponible à livrer. Résultat : les revendeurs se retrouvent sans aucune unité, incapables de proposer ces cartes graphiques à leurs clients, même sur commande.

En Allemagne, les GeForce RTX 5090, 5080 et 5070 Ti commencent à disparaître des ventes à cause de la pénurie

Selon plusieurs témoignages concordants, la seule carte graphique de la série GeForce RTX 50 qui continue encore d’arriver dans les canaux de distribution, bien que dans des volumes extrêmement limités, serait la GeForce RTX 5070. Cette situation illustre une pénurie grandissante des GPU RTX 50, particulièrement marquée en Europe, où certains revendeurs évoquent déjà de grandes difficultés à satisfaire la demande.

NVIDIA avait déjà annoncé un important recul de la production des GeForce RTX 50

Cette situation n’a rien de réellement surprenant. Dès la mi-décembre, des rapports en provenance de Chine indiquaient que NVIDIA prévoyait une réduction significative de la production de ses cartes graphiques GeForce RTX 50. Ce ralentissement devait entrer en vigueur avec le passage à la nouvelle année, avec une baisse pouvant atteindre près de 50 % des volumes fabriqués.

La raison est désormais bien connue : une pénurie sévère de mémoire GDDR7, indispensable à la fabrication de ces GPU. Cette contrainte ne se traduit pas seulement par une baisse des disponibilités, mais entraîne également une hausse mécanique des prix des cartes graphiques encore disponibles sur le marché.

Un mois auparavant, des informations faisaient déjà état de la possible disparition rapide de certains modèles, à commencer par la GeForce RTX 5060 Ti dans sa version équipée de 16 Go de mémoire vidéo. Un choix logique du point de vue industriel, puisqu’avec la quantité de mémoire utilisée pour une seule RTX 5060 Ti 16 Go, il est possible de produire deux modèles de 8 Go.

En Allemagne, les GeForce RTX 5090, 5080 et 5070 Ti commencent à disparaître des ventes à cause de la pénurie

Autre élément aggravant, NVIDIA aurait cessé de fournir directement des puces mémoire à ses partenaires à la fin du mois de novembre. Les fabricants de cartes graphiques se retrouvent donc contraints de sécuriser eux-mêmes leurs approvisionnements en mémoire, dans un marché déjà saturé. Dans ce contexte, le prix de la mémoire devient presque secondaire face à la difficulté, voire l’impossibilité, d’en obtenir suffisamment.

Une situation catastrophique pour le marché du PC gaming

Pour les consommateurs souhaitant monter ou acheter un PC gaming, la situation continue de se détériorer. La mémoire DDR5 a atteint des niveaux de prix extrêmement élevés, tandis que les SSD ont, pour certains modèles, vu leur tarif doubler en l’espace de quelques mois. À cela s’ajoute désormais la pénurie de cartes graphiques, qui ne peut qu’entraîner une nouvelle flambée des prix.

Un exemple frappant a été observé récemment avec les GeForce RTX 5090, dont les prix se stabilisent désormais autour des 4 000 euros. Un montant presque deux fois supérieur au prix public recommandé. Et cette tendance pourrait encore s’aggraver à mesure que les stocks se réduisent.

Test NVIDIA RTX 5080 Founders Edition

Dans ce contexte, les processeurs modernes affichent eux aussi des tarifs difficilement justifiables au regard du gain réel de performances par rapport à des solutions plus anciennes. C’est pourquoi il deviendra de plus en plus courant en 2026 de voir des configurations basées sur des processeurs Intel Core de 12e, 13e ou 14e génération, ou encore des AMD Ryzen de la série 5000.

Ces processeurs restent bien plus abordables et, à résolution 4K, offrent des performances très proches de celles des modèles les plus récents. À cela s’ajoutent des cartes mères plus anciennes, également moins chères, et surtout l’utilisation de mémoire DDR4.

À titre d’exemple, il est encore possible de trouver 32 Go de DDR4 à 3 200 MT/s pour environ 200 euros, tandis que le kit DDR5 le moins cher, en 6 000 MT/s, avoisine désormais les 392 euros. Dans ces conditions, construire un PC autour d’une plateforme plus ancienne devient une option particulièrement rationnelle, surtout pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer une prime toujours plus élevée pour le matériel le plus récent du marché.