Jean Canesse, Media365, publié le dimanche 04 janvier 2026 à 08h42

Vainqueur avec Rennes à Lille samedi soir (0-2), dans un contexte « électrique », Habib Beye n’a pas du tout apprécié l’ire des dirigeants lillois. Et il l’a fait savoir.

Tout est parti d’un acte de triche d’Alexsandro, très tôt dans le match, auteur d’une faute volontaire pour empêcher Breel Embolo d’entrer dans la surface. Le stoppeur lillois a récolté un carton rouge direct, avec l’appréciation qu’il annihilait une occasion de but, et les responsables du Losc ont exprimé une colère noire à la mi-temps envers Eric Wattellier. Présent en conférence de presse après le match, Habib Beye a vertement critiqué l’attitude du président Olivier Létang.

« On est resté calme, dans un contexte qui était un peu électrique. Les dirigeants lillois et de temps en temps, le président lillois, un peu à son habitude, a tenté de créer un contexte. Cela ne devrait plus jamais arriver en football, a dénoncé l’entraîneur rennais devant les journalistes. Je le dis ici à Lille mais si demain c’était les dirigeants du Stade Rennais je dirais la même chose. Il faut comprendre qu’il faut aider aujourd’hui les acteurs du jeu, qu’ils soient footballeurs ou arbitres, et ce type de pression qu’on peut avoir à la mi-temps déstabilise tout un contexte. »

« Nos arbitres n’ont pas besoin de ça »

Relancé plus tard lors de cette conférence, notamment au sujet de la présence des présidents dans les couloirs menant aux vestiaires ou en bord terrain, Beye a appuyé son propos. « Le terrain appartient aux acteurs du terrain, donc il devrait appartenir aux joueurs, au staff et à personne d’autre et pas dans une logique de mettre la pression à qui que ce soit, a-t-il souligné. Je ne suis pas celui qui va vous dire que ça n’arrive pas ailleurs mais en tout cas c’était encore le cas ce soir (pour Olivier Létang, ndlr) et je trouve que ce n’est pas forcément une belle image pour notre football. Nos arbitres n’ont pas besoin de ça. Ils ont besoin d’être soutenus. »

Habib Beye, très critique envers le président du Losc, n’a toutefois pas voulu se démarquer de son corps de métier, celui des entraîneurs. « Je suis le premier à me plaindre quand il y a de mauvaises décisions, on le fait tous donc je ne suis pas différent d’un autre entraîneur. Attention, je ne suis pas en train de vous dire que, moi, je ne fais pas ça, dit-il, avant de nuancer. On a tous nos frustrations mais quand on les a, il faut savoir reconnaître que ça ne sert pas notre contexte et ça ne sert pas la rencontre, de toute façon. » Une rencontre face à un concurrent direct que Lille a perdue samedi soir, marquant un coup d’arrêt dans la course à la Ligue des champions.