L’étude démontre que le lien entre la luminosité à 2 keV et celle à 2500 Å varie de manière systématique avec le décalage vers le rouge. Quand l’Univers était plus jeune, la relation était plus plate et son étalement intrinsèque plus faible. Antonis Georgakakis, coauteur de l’article, explique que « cette non-universalité remet en question notre compréhension de la croissance et du rayonnement des trous noirs supermassifs ». Les mécanismes qui transfèrent l’énergie du disque d’accrétion vers la couronne chaude ont donc probablement changé au fil des derniers milliards d’années.
Voilà qui entre en collision avec l’hypothèse d’une relation fixe, qui servait notamment de fondement à l’utilisation des quasars comme sondes pour mesurer l’expansion de l’Univers. La méthode employée, un cadre hiérarchique bayésien, a permis de traiter ensemble les détections et les non-détections en rayons X, ce qui a réduit les biais des études précédentes. Maria Chira, première auteure, souligne que cette approche statistique robuste a rendu visible une tendance qui serait autrement restée cachée.