Ce qui lui a permis, dans un premier temps, de retourner la situation en sa faveur. Faisant semble-t-il preuve de plus de zèle qu’à l’accoutumée, les enquêteurs ont d’abord retrouvé les escrocs ayant manipulé Dolina (il ne s’agissait cependant que d’exécutants). Surtout, la plaignante a obtenu de la justice qu’elle annule la transaction immobilière… sans avoir toutefois à rembourser l’acheteur, qui était pourtant à l’évidence de bonne foi. C’est à ce moment que l’affaire Dolina prend de l’ampleur, notamment sur les réseaux sociaux. Elle devient politique puisque face à ce qui est largement ressenti dans le pays comme une injustice (ou une justice de caste), la Douma d’Etat invite Dolina à s’expliquer lors d’une table-ronde sur les escroqueries immobilières. Le tout-Moscou commence à spéculer : Vladimir Poutine pourra-t-il ignorer la question lors de sa conférence de presse annuelle du 19 décembre ? Jusqu’au coup de théâtre : saisie par Polina Lourier, l’acheteur de l’appartement de Larissa Dolina, la Cour suprême de Russie annule, le 16 décembre, toutes les décisions judiciaires antérieures et reconnaît la validité de la transaction immobilière (et donc les droits de propriété de l’acquéreur). Puis, le 25 décembre, un tribunal de Moscou prononce l’expulsion de Dolina, décision qui devait être appliquée après les fêtes de fin d’année.