Le sport automobile régional a perdu une grande personnalité ce dimanche 4 janvier. Fernand Verrière, est décédé, à 82 ans, des suites d’une longue maladie.

Les plus jeunes n’auront entendu parler de lui qu’à travers sa passion pour les rallyes. Mais la génération précédente aura également découvert, dès les années 70, son amour du sport et du football en particulier. Joueur, dirigeant puis président du COT Terrenoire (de 1971 à 1982), Fernand Verrière était une personnalité bien ancrée dans ce quartier de Saint-Etienne. Il a débuté sa carrière professionnelle au garage Daguerre comme apprenti mécano, avant de travailler un peu plus tard au garage Fourneyron où il réparait des bateaux à Saint-Victor-sur-Loire. Pour s’établir ensuite à son compte rue de Lyon à Terrenoire. Avec son complice Jean-Paul Verne, fondateur de la classe foot de Terrenoire, il a beaucoup œuvré en faveur des jeunes.

Là-bas, il était connu comme le loup blanc. Une expression qui lui allait comme un gant. D’ailleurs, on ne citait jamais où se situait son garage. Tout le monde disait : « On va chez Fernand, on se retrouve là-bas ». Un point stop pour tous les passionnés de rallyes automobile.

La passion du rallye et lien fort avec son ami Gérard Farison

Affable, farceur, il n’engendrait pas la mélancolie. Et il fallait présenter un bon sens de l’humour à qui le côtoyait. Ceux qui prenaient tout au premier degré, étaient vite déroutés. Dans un milieu auto où l’on est prompt à rouler des mécaniques, il fallait savoir en imposer. Il avait le sens des responsabilités et fut ainsi le président de l’ASA Forez (1996-2000) mais aussi élu à la Ligue Rhône-Alpes comme directeur de course ou superviseur, et un fervent soutien de la coupe de France des rallyes. Son tempérament bien trempé, lui a valu quelques inimitiés, mais ce sont ces forts caractères qui font avancer la société.

Il savait aussi se montrer à l’écoute. Il s’enquérait de tout et de tous. Comme avec Marie-Noëlle Faure, un poids plume dans le baquet de droite de sa R5 Turbo Tour de Corse. De ce duo pilote – copilote, elle lui démontrera que la force ne se mesure pas uniquement par la masse musculaire. En tout, l’équipage remportera plusieurs dizaines d’épreuves entre 1982 et 1992.

Dans la vie de tous les jours, il formait avec Monique, son épouse, un couple chaleureux, bienveillant, tourné vers le sens du partage. Avec une parfaite répartition des tâches. Ils ont transmis ces valeurs à leurs enfants à une époque où ce terme n’était pas encore galvaudé. Puis il a aussi noué des liens inaliénables, avec le footballeur de l’ASSE de l’épopée 76, Gérard Farison. Un autre Terranéen.

À Eindhoven en voiture en un temps record

C’est lui qui a permis à Tachan (alors joueur amateur au COT) de signer avec l’ASSE, un contrat de non-sollicitation sur la fenêtre de son garage. Le foot et l’automobile ont guidé sa vie. Alors, quand il pouvait concilier les deux… Comme lors de cette montée expresse (très), vers Eindhoven en voiture lors de la demi-finale retour des clubs Champions. « Nous étions partis à 3 h 30 du matin et à midi, on buvait l’apéro sur place. Et encore, nous avions été stoppés durant une heure à la frontière parce que je n’avais pas le “F” sur la Mercedes », plaisantait-il. Il sera aussi du déplacement à Glasgow, même si son ami Gérard Farison, la jambe dans le plâtre, ne pouvait être sur le terrain. Le sport automobile a perdu un personnage attachant, les Terranéens, une figure.

Ce rallyman émérite a marqué son dernier point stop, ce dimanche 4 janvier 2026. À Monique son épouse, Valérie, Laurent et Grégory ses enfants, à notre confrère Yves et à l’ensemble de sa famille, notre journal présente ses sincères condoléances.