Par

Julian Doubax

Publié le

5 janv. 2026 à 6h30

Le dimanche 20 avril 2025, un impressionnant accident s’est déroulé sur la rocade de Bordeaux, à hauteur de Floirac. Vers 14 heures, un camion a traversé le terre-plein central à pleine vitesse et s’est retrouvé sur la voie opposée. Une violente collision a alors eu lieu avec une fourgonnette ainsi qu’une autre collision en chaîne avec cinq véhicules. Un homme de 27 ans a perdu la vie et onze personnes ont été blessées dans ce tragique accident qui a suscité plusieurs interrogations. Le poids lourd pouvait-il circuler un dimanche ? Le conducteur était-il en infraction ? Quelles étaient les circonstances exactes de ce drame ? Pour l’occasion, actu Bordeaux revient sur ce feuilleton qui avait marqué la métropole bordelaise.

La piste des stupéfiants ou de l’alcool rapidement écartée

Dans cet accident impliquant sept véhicules et ayant coûté la vie au conducteur de la fourgonnette, une enquête a été lancée pour éclaircir les circonstances exactes. Les enquêteurs voulaient comprendre comment le chauffeur avait pu perdre le contrôle de son poids lourd.

Ce jour-là, la chaussée était détrempée après de fortes pluies qui ont rendu la circulation particulièrement compliquée. D’après leurs premières conclusions, le dépistage à l’alcoolémie et aux stupéfiants effectué sur le conducteur du camion s’était avéré négatif.

Le conducteur avait-il le droit de rouler ?

Une autre interrogation était largement relayée sur les réseaux sociaux : le chauffeur poids lourd avait-il le droit de rouler un dimanche ?

La loi française interdit la circulation sur l’ensemble du réseau routier des véhicules de transport de marchandises avec un poids total autorisé en charge de plus de 7,5 tonnes (hors engins agricoles et véhicules spécialisés) les week-ends entre le samedi soir (22h) et le dimanche soir (22h).

Toutefois, il existe des dérogations permanentes pour notamment le transport d’animaux vivants, de denrées ou de produits périssables. C’était le cas pour ce camion impliqué dans la collision. « Il s’agissait d’un camion frigorifique », expliquait Pascal Gensous auprès d’actu Bordeaux, le commandant par intérim de la CRS autoroutière Aquitaine, en charge de la rocade.

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Et pourtant… le chauffeur espagnol de 60 ans était bien hors-la-loi. Le poids lourd transportait finalement des pièces mécaniques pour automobiles. Des objets ne faisaient pas partie de la liste des dérogations. Il n’aurait même jamais dû se trouver sur la rocade le jour de l’accident.

Une autre infraction constatée

L’avancée de l’enquête avait également permis d’en savoir plus sur les circonstances du drame. Le chauffeur roulait à 90km/h sur la rocade de Bordeaux. Il était en excès de vitesse alors même que la visibilité était réduite par les trombes d’eau qui s’abattaient sur la métropole et le trafic chargé en pleine après-midi.

Une information judiciaire a été ouverte des chefs « d’homicide involontaire et blessures involontaires par une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité » le 26 avril 2026, six jours après les faits.

Hospitalisé au CHU de Bordeaux dans un premier temps, le conducteur en était ressorti quelques jours après l’accident. Il avait été placé en garde à vue et le parquet avait requis son placement en détention provisoire.

Une reconstitution sur la rocade

Le mardi 29 avril, neuf jours après l’accident, une reconstitution judiciaire avait eu lieu pour comprendre les circonstances du drame. La portion de la rocade intérieure de Bordeaux, entre les échangeurs 24 (Tresses – Le Canon) et 23 (Bas Floirac) avait été fermée.

Même son de cloche pour la rocade extérieure entre les échangeurs 22b (Latresne) et 24 (Tresses – Le Canon). L’expertise judiciaire avait été faite sur la RN230 entre 13h30 et 15h30. Un carambolage qui aura fait parler.

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