La société de gestion H2O AM, star de la gestion Global Macro pendant deux décennies avant de connaître une descente aux enfers suite à des placements sur des actifs privés, retrouve le chemin des performances depuis deux ans. Ses équipes de gestion ont conservé le goût d’investir là où beaucoup se tiennent à l’écart. Le cofondateur et directeur des investissements de H2O AM Vincent Chailley revient sur une année 2025 hors normes et explique pourquoi les marchés américains sont devenus si risqués.

La Tribune. Le choc des tarifs douaniers, les guerres et les tensions géopolitiques semblent avoir glissé sur les marchés financiers qui terminent l’année sur de bonnes performances. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Vincent Chailley. La performance des actions américaines me laisse sceptique. Nous nous posons clairement la question d’un déni de réalité du marché qui n’intègre pas tous les nouveaux risques apparaissant aux Etats-Unis. En revanche, dans le reste du monde, le fait que les marchés aient absorbé tout le bruit généré par l’Administration américaine et les crises me paraît assez justifié. Les tarifs douaniers mis en place n’ont eu finalement qu’un impact limité sur l’Europe ou la Chine. Et chaque grand pays en dehors des Etats-Unis a les moyens d’absorber les chocs, avec une épargne abondante, une inflation réduite et donc une capacité pour les banques centrales à intervenir si besoin, ainsi que des marges de manœuvre fiscales. Et le marché le sait ! C’est pourquoi il y a une vraie distinction à faire entre les Etats-Unis et le reste du monde.