Il fait froid, ces jours-ci, à Nice et sur la Côte d’Azur. Il pourrait même geler ces prochaines nuits sur le littoral, ce qui n’arrive tout de même pas tous les ans.

Des températures basses mais loin d’être exceptionnelles. Et, surtout, très loin du « coup de froid du siècle », il y a exactement 70 ans…

C’était en 1956. Hiver mémorable durant lequel on enregistre en France les températures les plus basses du siècle.

Après des mois de novembre, décembre et janvier étonnamment doux, un froid glacial s’abat subitement sur la France. À Nice comme dans toute la région, tout commence le 2 février.

« C’est arrivé d’un coup. Le matin même, on était encore bras nus. Dans l’après-midi, le froid est arrivé brusquement…, racontent les anciens.

La température a chuté très vite. Durant la nuit, il a fait jusqu’à -20 °C… À l’abri dans les maisons, on entendait éclater les oliviers, gorgés de sève à cause de l’hiver très doux qu’on avait eu jusque-là. Les jours suivants, il a fallu tous les couper ; la plupart avaient plusieurs centaines d’années…  »

Durant ce mois de février, plusieurs épisodes de vent violent sont recensés, le mistral atteignant 180 km/h. Il gèle quasiment toutes les nuits.

La mer, plus chaude que l’atmosphère ambiante, semble en permanence « fumer »… Sans compter la neige, qui s’invite plusieurs fois sur le bord de mer. Et elle tient ! Sur la promenade des Anglais, ils sont quelques-uns à chausser les skis.

Du littoral à l’arrière-pays, le froid ravage tout : les arbres, les cultures, les paysages…

Au total, 4 millions d’oliviers seront détruits dans la région, accélérant le déclin de l’oléiculture.

Pour l’anecdote, les arbres sont remplacés par la vigne – et une nouvelle économie se développe. Sans cette vague de froid, que serait aujourd’hui le fameux rosé de Provence ?

Après un mois sibérien, le redoux arrive finalement début mars à Nice. Mais les paysages resteront durablement marqués par ce mois de février comme on n’en connut jamais plus.

La population aussi : neuf mois plus tard, on assistait à un… boom des naissances.

L’histoire vous a plu ? Retrouvez chaque jeudi à 20 heures une anecdote sur l’histoire de Nice dans notre newsletter gratuite « Ficanice ». Pour la recevoir : www.nicematin.com/a/875107