« Tout ce que je te demande, c’est que ça ne plaise pas aux parents. » Voici l’unique consigne que Daniel Filipacchi, alors patron de la revue Salut les copains, donne en 1962 à Jean-Marie Périer, lorsqu’il l’engage pour photographier « les idoles des jeunes ».
« Avant, quand on était adolescent, on avait des boutons sur la figure, c’est tout. Là, tout à coup, les ados avaient leur musique, leur façon de danser, de s’habiller, leur argent de poche… Au fond, la parole leur était enfin donnée grâce à la musique partout dans le monde », relate, samedi par téléphone, le photographe. De cette époque, il se souvient « d’une liberté totale. Je n’avais aucune limite de moyens. Je me retrouvais à 22 ans le roi de la planète. »
Insouciance
« Je n’avais devant moi que des mômes qui avaient entre 16 et 20 ans et qui débutaient. On avait des rapports très directs. Ils avaient une totale confiance en moi parce qu’ils voyaient bien que mon but était de les mettre en valeur. Mes photos étaient faites pour être affichées au mur des chambres des adolescents », décrit-il.
Près de 6 000 visiteurs sont déjà venus voir l’exposition proposée depuis le 22 novembre par la Ville, à l’initiative de Jacqueline Fabre, adjointe à la culture. à découvrir jusqu’au 29 mars.
Plus de 100 photos, en noir et blanc comme en couleur, très bien scénographiées, présentent les stars des sixties. Sylvie Vartan en nattes blondes, des marguerites dans les cheveux, Françoise Hardy dans sa robe si sexy signée Paco Rabanne, Johnny Hallyday dans sa Ferrari qu’il va bousiller quelques minutes plus tard avant d’en racheter une illico, Jacques Dutronc, les Beatles, Mick Jagger, Chuck Berry, James Brown, Bob Dylan… Jean-Marie Périer saisit dans son objectif non seulement des visages, mais aussi toute l’insouciance d’une époque.