C’est de sa position stratégique que le Grand Port Maritime de Marseille-Fos (GPMM) tire son leadership en étant, depuis des siècles, un point d’échanges incontournable entre la Méditerranée et l’intérieur de l’Europe. Plus grand port français, le GPMM consolide sa position en déployant sa stratégie tant sur la mer que sur la terre. D’autant plus dans un environnement international en proie aux bouleversements géopolitiques, aux routes maritimes contrariées, aux secousses économiques. « La multiplication des tensions régionales et les évolutions de gouvernance provoquent une reconfiguration des flux commerciaux mondiaux », souligne la direction du GPMM. Des flux qui représentent 80% des échanges mondiaux en volume.
Marseille-Fos s’est donc adaptée depuis toujours à la reconfiguration de ses échanges maritimes. De l’autre côté de la Méditerranée, les pays africains soutiennent un développement économique et démographique fort – notamment en Méditerranée orientale. Face à une économie européenne en proie à un ralentissement, l’Afrique subsaharienne prévoit, par exemple, un PIB multiplié par deux d’ici 2040. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives et marchés pour le GPMM. Avec, notamment, le développement de trafics méditerranéens short sea, transport maritime de courte distance. De même, côté remorques, la nouvelle ligne avec la Turquie sur le Hub Roro s’inscrit dans une volonté d’agréger et d’amplifier les trafics de remorques qui représentent un fort flux en Méditerranée, et notamment de trajets courts – Turquie, Maghreb. Toutefois, le projet stratégique 2025-2029 de Marseille-Fos pointe du doigt un risque majeur: la montée en puissance des pays méditerranéens et de l’Afrique pourrait accentuer « une concurrence croissante entre les ports méditerranéens », notamment avec Gênes et Barcelone, dans un contexte de rivalité accrue avec les ports espagnols, italiens et, dans une moindre mesure, grecs. Une situation qui a déjà bouleversé l’ordre en Méditerranée, Marseille-Fos ayant cédé sa place de premier port sur cette zone à Tanger Med, le port marocain qui bénéficie d’une zone franche très porteuse en termes de flux.