La part des énergies renouvelables dans la production d’électricité allemande a quasiment stagné en 2025 malgré l’essor du solaire, selon des chiffres publiés lundi.

L’an dernier, les énergies propres ont représenté 58,8% du mix énergétique allemand, soit 0,3 point de pourcentage de plus qu’en 2024, d’après le bilan annuel du régulateur allemand de l’énergie. Le verdissement de la production d’électricité marque donc le pas après de nets progrès réalisés depuis 2021, quand les sources renouvelables (éolien, solaire, hydraulique…) ne constituaient que 43% du total.


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Des conditions météorologiques défavorables – notamment un vent faible au premier semestre – se reflètent largement dans ces chiffres, explique Konstantin Zerger à l’AFP, expert de l’ONG environnementale DUH. Mais le changement de cap énergétique amorcé sous le chancelier Friedrich Merz pourrait renforcer cette évolution. «Nous craignons un creux à venir», la ministre de l’économie Katherina Reiche, intronisée en mai, ayant promis de réduire les subventions aux énergies vertes et de s’appuyer davantage sur la construction de centrales à gaz. La nouvelle coalition menée par le conservateur Friedrich Merz prône une politique énergétique plus flexible pour relancer l’industrie en crise.

En 2025, l’éolien est resté la première source d’énergie allemande

En 2025, l’éolien est resté la première source d’énergie allemande, avec 30,3% de l’électricité totale produite contre 32% en 2024, selon le bilan annuel. Vient ensuite l’énergie photovoltaïque, qui a enregistré la plus forte progression cette année, grimpant de 14,7% à 16,9%. «Cela s’explique principalement par une forte augmentation des capacités de production, de près de 10 gigawatts, ainsi que par un ensoleillement supérieur à la moyenne au printemps et en été», explique le bilan annuel. Le solaire dépasse ainsi pour la première fois la part du lignite (charbon brun), qui a reculé de 16,4% à 15,3%.

Néanmoins, la fédération du secteur BSW a demandé lundi au gouvernement d’«éviter absolument une détérioration du cadre règlementaire» pour le photovoltaïque, notamment des conditions de financement des installations solaires. La part de deux autres énergies fossiles, la houille et le gaz naturel, ont pour leur part augmenté l’an dernier.

La coalition allemande assure vouloir préserver les objectifs climatiques du pays, c’est-à-dire atteindre 80% d’énergies vertes dans la production d’électricité en 2030 et sortir complètement du charbon d’ici 2038. En 2025, l’Allemagne est restée importatrice nette d’électricité, dépendante notamment du Danemark et du nucléaire français, mais a réduit l’écart avec ses exportations, ajoute le rapport.