Par

Amandine Vachez

Publié le

5 janv. 2026 à 12h37

« Scandaleux ». Alors qu’un salon autour de la thématique animale, proposant à la vente des chiots et chatons, s’est tenu ce week-end à Lille Grand Palais (Nord), PAZ dénonçait la tenue d’un tel événement. L’association annonçait dans une communication aux médias le samedi 3 janvier 2026 avoir écrit au maire de Lille, Arnaud Deslandes, pour faire interdire ce type d’événements, « dans un lieu municipal ». Ceci alors que l’événement a été selon son organisation pensé « pour les passionnés du monde animalier », avec des adoptions réalisées assure-t-elle en bonne et due forme. Voilà qui soulève bien des questions.

« Les animaux ne sont pas des marchandises »

On peut dire qu’il y a deux salles, deux ambiances. Celle où les férus de ce type de salons voient un moyen de trouver un animal à adopter et de bons produits animaliers, mais aussi d’échanger avec des professionnels ; et celle où l’on considère que ces « foires » vont à l’encontre du bien-être animal.

« Les animaux ne sont pas des marchandises », rappelle tout de go l’association PAZ, dans un communiqué de presse transmis ce week-end aux rédactions lilloises. Cette fois-ci, elle pointe du doigt un salon de vente de chiots et chatons au Grand Palais, baptisé « Univers du chiot », dans ce qu’elle décrit comme « un lieu municipal ». En ce sens, PAZ annonce avoir écrit au maire de Lille, argumentant sur le fait que « Lille Grand Palais est détenu majoritairement par des collectivités publiques locales (Ville de Lille et Métropole Européenne de Lille) avec des participations minoritaires de partenaires privés. La Métropole de Toulouse a agi, pourquoi pas la MEL ? », questionne la structure de défense des animaux « adhérant à une éthique non spéciste ».

Ces salons font du business sur l’élevage de chiens et chats ! La tenue de salons où l’on expose les animaux comme des jouets que l’on achète est une honte alors que les abandons sont massifs.

Association PAZ, contre la tenue d’un salon animalier à Lille.

« Chaque année, environ 200 000 chats et chiens sont abandonnés en France (sans compter les autres animaux de compagnie comme les lapins, les reptiles, les poissons…)», poursuit PAZ. En parallèle, des professionnels du monde animal pointent du doigt le danger d’un achat d’animal compulsif. Il ne faut d’ailleurs pas chercher très loin pour constater que des spécialistes notamment les comportementalistes, déconseillent ce type de salon. Un article complet, se penchant notamment sur le stress que cause ce type d’événements sur les jeunes animaux, est disponible sur le site de Cours Animalia, centre de formation à distance certifié Qualiopi.

Des mesures pour « protéger les chiots exposés »

De son côté, l’organisation du salon insiste dans sa présentation de l’événement sur son professionnalisme. D’ailleurs, il est recommandé aux visiteurs de venir sur place sans animal. « Pour des raisons sanitaires dues aux bas âges de nos petits amis présents sur le salon, les animaux des visiteurs ne seront pas admis, ceci par respect des directives de la direction des services vétérinaires du département, afin de protéger les chiots exposés », présente l’organisateur Event’s Com. En ce qui concerne l’adoption des animaux, elle est encadrée : « Conformément aux exigences fixées par le décret n°2022-1012 du 18 juillet 2022, nous vous informons qu’à partir du 1er octobre 2022, les personnes désirant adopter un animal de compagnie par le biais de nos événements, devront télécharger et signer un exemplaire du certificat de connaissance et d’engagement en rapport à l’espèce souhaitée. »

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Une pratique frauduleuse dénoncée

Dans son courriel au maire Arnaud Deslandes, PAZ lance une grave accusation : « Ces salons posent la question de l’application de la loi (l’article L214-8 V du Code rural et de la pêche maritime), qui impose un délai de réflexion minimal de 7 jours : il arrive que des certificats d’engagement et de connaissance soient antidatés. Des témoignages démontrent que dans certains cas, aucun certificat n’est délivré ! »

Une pratique qui semble malheureusement courante, comme le dénoncent des éducateurs canins en ligne, comme ici. Or, la réflexion est essentielle, car « craquer » sur un animal et l’adopter, c’est risquer de faire machine arrière et/ou de ne pas choisir la race correspondant à son mode de vie, ses envies et/ou contraintes.

Pragmatisme et réflexion doivent rester au coeur d’une intention de visite, alors même que les organisateurs de ce type d’événements jouent sur la tentation d’achat.

Contactées par Lille actu à ce sujet, la Ville de Lille et l’organisation du salon n’ont pour l’heure pas donné suite.

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