Retour aux affaires et le RNR ne doit plus lambiner pour retrouver le haut du classement. Yannick Nyanga et Romain Sola, le duo de coachs, nous éclairent.

Rouen a repris le chemin des terrains, pour préparer la réception de Bourg-en-Bresse, déjà cruciale, dans la reconquête que Rouen a amorcé en décembre. Car les Normands ont, depuis le début de saison, rendus des copies brouillonnes lors de matchs pourtant à leur portée. « Il faut se rappeler qu’un match n’est jamais acquis. C’est une illusion de croire que les attentes et les objectifs suffisent à faire gagner une rencontre. Nous avons eu les situations pour vaincre mais nous avons manqué de discipline. On y travaille et on ne peut intervenir que sur ce qu’on contrôle. Quand on domine et qu’on se donne les occasions de prendre des points, nos buteurs ne performent qu’à 70 %. Or, dans les défaites de quelques points, ça pèse forcément. Tout cela reste ponctuel. On doit retrouver nos standards de travail et de répétition », confie Yannick Nyanga, l’un des managers du RNR. En effet, l’échec au pied est flagrant, et concerne les deux buteurs principaux, Maxime Javaux et Benjamin Péhau, ce qui est problématique. « C’est un exercice solitaire d’être face aux perches, avec l’équipe qui compte sur vous. C’est de la répétition, du travail. Puis il y a aussi l’aspect mental. Quand le processus est bloqué, il faut trouver des variantes, l’adapter, changer sa routine », affirme Romain Sola, en charge des lignes arrière notamment.

Pas d’excès constatés pendant les fêtes

Autre gros chantier : la discipline. Rouen prend beaucoup de pénalités et il en découle une foison de cartons jaunes, ne permettant pas sereinement de poser son jeu. « La première chose que nous faisons, c’est d’envoyer les rapports aux arbitres après les matchs car nous avons besoin de comprendre les décisions pour nous améliorer. On travaille aussi en amont. L’arbitre est un acteur du jeu, on doit le pendre en compte. Clairement, nous avons des fiches qui permettent de savoir les points sur lesquels chaque arbitre est vigilant car on doit comprendre l’interprétation de chaque officiel afin de ne pas donner le flan à la sanction. C’est une vraie variable d’ajustement à ne pas ignorer. On doit jouer en respectant la régle et les sensibilités de chacun. Et la semaine, on a un arbitre qui intervient et qui est plus dur avec nous que le jour des matchs, qui sanctionne davantage, et nous rend vigilants », détaille Nyanga

Rouen, comme les autres, sort d’une grosse coupure, quasiment d’une trêve, il faut donc préparer à nouveau les corps et les têtes au combat, ainsi que retrouver le rythme très rapidement. « Nous étions plutôt dans une bonne phase, nous aurions aimé enchaîner, brosse Sola. Après, c’est la loi (la convention collective lièe au contrat impose, a minima, quatorze jours de repos successifs à la période de Noël, N.D.L.R.), on la respecte. Les garçons avaient un programme et on est plutôt content de l’état dans lequel nous avons retrouvé l’ensemble du groupe. Nous avons repris par beaucoup de physique et du jeu ensuite. On a une semaine pour retrouver rythme et automatismes, il ne faut pas traîner. »

Ne pas rater le train

L’avantage de cette pause, c’est que la bobologie et les petites douleurs ont pu être soignées et que Rouen va compter sur un groupe quasi complet pour cette reprise, avec des retours en forme, notamment Lucas Costa, Ernest Eudier, Jack Metcalf, Tiene Burger entre autres. « Oui, c’est sûr et c’est intéressant de voir les attitudes de chacun. J’aime à dire que le concurrence est le meilleur entraîneur qui soit. On voit des caractéres s’affirmer et les blessés qui reviennent doivent regagner leur place. Cela crée une émulation et accélère les retours de blessures. Les gars ne veulent pas rater le train en marche en vue de la fin de saison qui nous attend », conclut l’ancien troisième ligne international.

Rouen a tout de même un atout principal qui peut l’emmener loin et la faire bien voyager, c’est une des meilleures défenses de la poule (2e derrière Nice). Ce n’est pas anecdotique, même si le staff veut améliorer les choses, semaine après semaine.