
Héron cendré (jardin Pierre-Emmanuel). « Ce jardin a une petite mare où l’on voit parfois les poissons rouges proliférer. Et quand ça arrive, le héron cendré vient “faire sa tournée”. Il se pose, il observe, et il profite d’une chasse facile, presque mécanique, comme un régulateur naturel. La scène est impressionnante parce qu’elle a un côté documentaire, mais à l’échelle d’un jardin de quartier. Le gros plan met l’accent sur sa précision, sa patience, et sur cette réalité simple : la nature s’organise, même en pleine ville. »


Perruche à collier (Père-Lachaise). « Elle s’est posée sur un buste ancien, et le contraste était parfait : patrimoine, pierre, mémoire, et un oiseau très contemporain de la ville. J’ai pris la photo pour cette collision élégante entre l’histoire du lieu et une nature urbaine qui se réinvente. Au Père-Lachaise, on a souvent l’impression d’un musée vivant. »

Renard (Père-Lachaise). « Cette photo est liée à un moment rare. Je l’ai aperçu de dos, et il est resté visible plusieurs minutes, ce qui est inhabituel. Même en venant très régulièrement, croiser un renard ici n’a rien de banal. Ce qui m’a marqué, c’est l’impression d’apparition : l’allée devient une lisière, le cimetière ressemble à un sous-bois. J’ai déclenché sans bouger, en essayant de respecter la scène. Ce genre de rencontre, on ne la provoque pas, on la reçoit et je m’en souviendrai longtemps. »

Roitelet huppé (Père-Lachaise, novembre). « Le roitelet huppé est minuscule, nerveux, curieux, et sa petite huppe jaune lui donne un air de micro-roi. Je l’ai photographié en novembre, pendant une phase où il était très actif, presque en “parade” dans le feuillage. Ça pose aussi une question de saison : on sent parfois des automnes plus doux, des rythmes un peu décalés. Sans tirer de conclusion hâtive, ce sont des scènes qui font réfléchir. Et c’est exactement ce que j’aime dans ces observations : elles sont belles, mais elles racontent aussi quelque chose. »