Dix années de travaux, « 5 000 emplois » créés, un coût qui avoisine les deux milliards d’euros… Le candidat à la mairie de Lyon Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli, candidate à la métropole de Lyon, envisagent de construire un méga tunnel de près de 8 kilomètres pour « décongestionner » « le cœur de Lyon » et remplacer l’actuel tunnel de Fourvière, long de 1,8 km et emprunté par 100 000 véhicules par jour.
Baptisé « Nouvelle traversée de Fourvière », le projet coûterait entre 1,6 et 2 milliards d’euros, estiment les candidats dans un communiqué relayé par Le Figaro.
Le futur ouvrage, creusé en dessous du tunnel de Fourvière actuel, passerait sous la Presqu’île de Lyon, la Saône et le Rhône, avec pour objectif une mise en service « à l’horizon 2036-2037 ».
Dans un entretien au Progrès, le duo aborde la question du financement Sur ce point, l’ancien président de l’Olympique Lyonnais assure n’avoir « aucune inquiétude : il s’agit d’un véritable actif pour le territoire, qui pourra s’amortir sur un temps long ». Il estime par ailleurs que le chantier pourrait générer « probablement 5 000 emplois sur dix ans ».
« Un projet hors-sol »
Candidate du mouvement aulasien « Cœur lyonnais » à la métropole, Véronique Sarselli indique auprès du Progrès que des financements européens et étatiques seraient recherchés : « C’est un tunnel dont l’utilité dépasse largement le cadre de la Métropole de Lyon. »
La possibilité d’instaurer un péage est également évoquée par la candidate. À ce sujet, Jean-Michel Aulas avance l’idée « d’une différenciation de traitement entre les Grands Lyonnais et les autres automobilistes, rendue possible grâce à l’intelligence artificielle ».
« C’est un projet hors-sol, inutile et financièrement irresponsable », a aussitôt réagi l’écologiste Jean-Charles Kohlhass, vice-président de la Métropole de Lyon en charge des transports et candidat à l’élection métropolitaine. « Ce méga tunnel (sic) est un projet inutile, parce qu’il ne répond pas aux besoins réels de déplacement des habitants. Il s’inscrit dans une vision du tout-voiture qui appartient au siècle dernier », a-t-il dénoncé.