L’optimisme est de mise du côté du Gym. Claude Puel, sorti de sa relative « oisiveté », comme il le confiait en octobre dernier sur le plateau de notre émission Gym Tonic, a réussi ses débuts au chevet d’un club toujours souffreteux d’un point de vue comptable (14e), mais ragaillardi dans l’attitude avec et sans ballon, en témoigne la première sortie de la nouvelle année face à Strasbourg (1-1).
Pour Silvester Takac, ancien coach du Gym entre 1996 et début 1998, Claude Puel présente un CV à la hauteur du chantier qu’il désépaissit jour après jour.
« Un entraîneur comme lui, qui connaît la mentalité des Niçois, avec autant d’expérience sur le banc, c’est simple : il ne pouvait pas y avoir un meilleur choix. »

« Très proche de ses joueurs »
Lors de son premier passage sur le banc des Aiglons, le technicien de 64 ans avait également trouvé un effectif qui luttait régulièrement pour sa survie en Ligue 1.
Ce fut le cas en 2013-14 (17e) et en 2024-15 (11e), mais comment oublier ces deux 4es places en 2012-13 et 2015-16, avec cette saison-là les 18 buts de Hatem Ben Arfa (17 en L1).
« Il a réussi à cadrer l’artiste qu’il était, et ce n’était pas évident. C’était une belle période. Claude produisait du jeu, et on prenait du plaisir à aller au stade », se souvient Silvester Takac.
Toutes proportions gardées, le natif de Castres a d’ores et déjà réussi à refaire jaillir le génie d’Elye Wahi, buteur après 9 minutes sous ses nouvelles couleurs après une année de galère.
Lors de sa dernière expérience sur le banc à Saint-Etienne (2019-2021), le clash avec son gardien Stéphane Ruffier n’a pourtant pas dissipé les échos de l’homme rude.
Albert Emon, partenaire de Puel à l’AS Monaco entre 1979 et 1981, avec lequel il a remporté la Coupe de France 1980, est l’un des mieux placés pour balayer l’image d’un entraîneur décrit par certains comme distant avec ses joueurs, comme le soulignait Yann M’Vila il y a quelques années, entre autres.
« Au contraire, c’est quelqu’un qui est très proche de ses joueurs, il leur donne souvent des possibilités de s’épanouir, je pense que ça va leur faire beaucoup de bien. »
Dans le même esprit, ses quatre ans loin du banc ne sont pas un handicap si l’on écoute les anciens entraîneurs du Gym. Ils estiment même que cette coupure peut se transformer en force.
« S’il a accepté ce poste, c’est qu’il veut transmettre son enthousiasme du football. Il a continué de suivre l’équipe et avait déjà certainement repéré des choses à corriger avant le mercato », glisse Silvester Takac.
Une position que partage Albert Emon. « C’est un homme neuf qui regarde l’effectif avec un regard neuf. Et comme c’est un vrai passionné, ça ne pose pas problème. »
Un œil nouveau, c’est ce que le revenant niçois a apporté samedi dernier.
Entre Dante à Lille, Saliba et Fofana à l’ASSE ou encore Koziello au Gym, Claude Puel a encore entretenu sa réputation de coach propice à l’éclosion de jeunes pousses en lançant Everton.
Le jeune milieu de 18 ans, fils d’Everson, a disputé son premier match en professionnel contre Strasbourg.
Preuve que désormais, les cartes sont rebattues au sein de l’effectif pour obtenir sa place dans le onze. C’est précisément ce qu’avait pressenti le coach de l’OGCN en 1996-97, Daniel Sanchez.
« Pour sortir d’une situation comme celle-ci, on peut miser sur les jeunes. Il ne va pas renier ces principes. D’autant que tous les joueurs vont vouloir se montrer sous leur meilleur jour. C’est quelque chose qui peut jouer en sa faveur. »
Un effectif assez riche pour lui ?
Dans le management comme sur l’aspect tactique, Puel arrive donc avec ses idées, entrevues samedi dernier face au RCSA.
« Il aime l’ordre. Et quand on est entraîneur, on donne l’image de soi-même à son équipe », ose un Silvester Takac persuadé que le peu de temps à disposition n’est pas invalidant pour construire un style de jeu, et le faire perdurer au-delà des premières semaines.
Alors, le plus grand point d’interrogation demeure la cascade de joueurs à l’infirmerie, selon les anciens coachs des Aiglons, un phénomène « étrange » pour Silvester Takac.
« Mais l’effectif est quand même suffisamment riche pour trouver les solutions », avance le vainqueur de la Coupe de France 1997, dans l’ensemble optimiste, à l’instar de ses autres compères.
À Claude Puel de jouer.