- Après l’Australie, Emmanuel Macron a confirmé le 10 décembre son intention de faire interdire les réseaux sociaux avant « 15 ans ».
- Pour ce faire, un projet de loi devrait être présenté à l’Assemblée nationale le 19 janvier.
- Mais dans les faits, cette mesure soulève plusieurs problématiques.
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Réseaux sociaux : une interdiction avant « 15 ou 16 ans » souhaitée par Emmanuel Macron
Emmanuel Macron veut interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans à partir du 1ᵉʳ septembre 2026. Lors d’une étape en Bretagne dans son tour de France sur la régulation des réseaux sociaux, le chef de l’État a insisté mi-décembre sur sa volonté d' »imposer à tous les réseaux sociaux la vérification de l’âge » des utilisateurs, sur le modèle des sites pornographiques depuis mars. Et, ceci dans le cadre d’un projet de loi de la députée Renaissance Laure Miller qui doit être discuté au Parlement le 19 janvier.
Après l’Australie qui a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans le 10 décembre dernier, le président français a estimé que le précédent des sites pornographiques, « ça fonctionne ». « Cette technique, on peut l’utiliser pour les réseaux sociaux », a-t-il assuré, d’autant que cette fois, la Commission européenne a donné son feu vert « l’été dernier ». Objectif du gouvernement ? Lutter contre le cyberharcèlement et éviter l’exposition des mineurs à des contenus inappropriés.
IA et VPN
Mais les solutions existantes semblent encore imparfaites. La demande de documents d’identité pose des problèmes de vie privée et de sécurité des données personnelles. En outre, les contrôles par carte bancaire excluent une partie des utilisateurs et ne constituent pas une preuve fiable. Par ailleurs, les technologies d’estimation de l’âge à travers la biométrie soulèvent des questions éthiques et juridiques, notamment au regard du Règlement général sur la protection des données (RGPD).
Et surtout, ces dispositifs sont très faciles à contourner. Comme le rapporte CNN, les adolescents australiens ont rivalisé d’inventivité pour revenir sur leurs réseaux sociaux favoris. « Beaucoup avaient créé de nouveaux comptes, certains empruntant l’identité de leurs proches majeurs pour contourner les vérifications d’âge. D’autres se sont montrés inventifs en générant des images par IA de personnes majeures pour duper les systèmes », indique le média américain.
La création d’un compte depuis l’étranger constitue une autre faille possible. La géolocalisation par adresse IP étant facilement contournable, notamment via l’usage d’un VPN. Cet outil permet de contourner les restrictions en ligne mises en place dans un pays, en faisant croire que l’on se connecte à internet depuis un autre pays. Pire, plusieurs adolescents n’ont pas perdu l’accès à leurs profils. « Je crois que c’est parce que j’ai indiqué l’année 2000 comme date de naissance lors de mon inscription », souligne un jeune de 15 ans à CNN.
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En Europe, le Royaume-Uni est le plus avancé sur ce chemin avec l’Online Safety Act qui impose depuis le 25 juillet 2025 des obligations strictes de vérification de l’âge aux plateformes diffusant des contenus pour adultes ou potentiellement dangereux pour les mineurs. La loi concerne une grande variété de services, tels que les sites pour adultes mais également les réseaux sociaux, les services de jeux vidéo, les forums communautaires, les moteurs de recherche ainsi que les services de partage de vidéos. Mais, là encore, les VPN et des photos d’IA avaient été utilisés pour contourner les restrictions.
Virginie FAUROUX
