Pour se rassembler, ils ont choisi l’heure précise à laquelle Nicolás Maduro et Cilia Flores devaient être présentés au tribunal de Manhattan afin d’y être inculpés pour trafic de drogue. Un hasard, car les plus de cent cinquante personnes présentes ce lundi à 18 heures place de la Liberté à Toulon ne sont pas là pour soutenir le président du Venezuela et son épouse, enlevés par les États-Unis samedi 3 janvier.
La manifestation à l’appel d’organisations syndicales et politiques de gauche(1) se tient en effet en « solidarité avec le peuple vénézuélien ».

Car s’ils dénoncent « le régime liberticide et antisocial de Maduro », les intervenants condamnent avant tout l’ingérence des États-Unis et de leur président Donald Trump, ainsi qu’« une guerre impérialiste », non pas dans un but de paix, « mais pour s’accaparer des ressources ».
Au micro, les représentants des différents mouvements réclament, à l’instar des Nations unies qui ont débattu de la question devant le Conseil de sécurité hier, « le respect du droit international ».
Tous s’accordent aussi à regretter la réaction du président français, qui disent-ils, « légitime l’agression américaine ». Qu’Emmanuel Macron ait finalement condamné, hier après-midi, une méthode « ni soutenue, ni approuvée », rappelant que la France défend « le droit international et la liberté des peuples », n’y change rien : les manifestants s’en tiennent à la « complaisance » du chef de l’État.
Ceux qui prennent la parole interpellent aussi les Français qui « ne doivent pas croire que cela ne les concerne pas directement ». Et de conclure : « Ce que nous faisons, ici, ce soir, c’est refuser l’indifférence, le bruit du silence. »
1. Entre autres, CGT, FSU, Solidaires, ainsi que LFI, NPA, PCF, PS, Les Écologistes, ou encore la Ligue des droits de l’Homme…