« Une première chez les pros, c’est un souvenir qu’on garde à vie. Bon, j’avoue que je n’oublierai pas le score, non plus. » Le constat du jeune Owen Sorhaindo, au sortir de la lourde défaite girondine avant les fêtes (46-7) était, hier soir, sûrement partagé par ses comparses.

Non, Jovan Sreckovic (19 ans), Noam Moreau (18 ans), tous deux titulaires en troisième ligne, ou encore Lohann Gil (19 ans), talonneur remplaçant au coup d’envoi, n’oublieront jamais cette gifle pour leur toute première apparition chez les pros.

Léo Ametlla (21 ans), Corentin Mézou, Oliver Cowie, Jérémy Toevalu, Owen Sorhaindo, Matéo Gracieux et Bernabé Mechentel (tous 20 ans), eux n’ont plus, même s’ils ont déjà connu le goût des joutes du Top 14, ne rayeront ce revers de leur mémoire.

Le destin de Matéo Gracieux et des jeunes Toulonnais semblait presque tout tracé à Deflandre.

La touche offensive à son avantage

Et pourtant. Elle fait partie de leur construction. Parce qu’hier, si les dix minots labellisés « Centre de formation » ont payé pour apprendre, ils ont également fait des choses positives, laissant entrevoir de l’espoir.

Comme la moisson réalisée en touche offensive par Jérémy Toevalu, ultra-serein sur sa ligne au moment de lancer, disponible dans le jeu, mais fautif sur l’essai de Nolann Le Garrec (22e), où il met son jeune coéquipier Jovan Sreckovic en difficulté.

Pénalisé à la 6e minute pour avoir levé les appuis d’un adversaire sur un maul, le minot de 19 ans, flanker titulaire, s’est tout de même montré à l’aise en touche, où sa connexion avec son talonneur chez les Espoirs n’a échappé à personne.

Léo Ametlla prend déjà rendez-vous

Tout comme celle avec Corentin Mézou au cœur de l’alignement. Pour son onzième match chez les pros, le géant du Finistère a alterné le chaud et le froid. Efficace en touche, mais également sanctionné sur un soutien offensif (33e). Son compère Léo Ametlla, qui lui avait succédé en tant que capitaine des Espoirs, a quant à lui (encore) marqué des points.

Convaincant de sortie en sortie, actif dans le jeu courant, décisif sur un grattage (16e), le natif de Martigues a une nouvelle fois prouvé qu’il prenait date pour l’avenir. Et ce malgré sa pénalité sur un maul dynamique à la 35e.

Malheureusement, chez les trois-quarts, l’histoire a été un peu plus compliquée. Sevrée de ballons parce qu’avant tout (logiquement) dominée dans le combat d’avants, la jeune garde n’a pu s’exprimer. Et quand elle a tenté, pour essayer de répondre aux « Joue, joue » hurlés par Pierre Mignoni en bord de touche, elle n’a pas été récompensée.

Muette attaque

Les quelques munitions gâchées par Oliver Cowie en sont malheureusement le symbole. Mis en difficulté en défense (notamment pris à l’intérieur à la 50e), le trois-quarts centre, titulaire pour la première fois depuis le 13 septembre, a vécu une soirée compliquée.

À ses côtés, Matéo Gracieux, marqueur sur son premier ballon chez les pros au Stade français, n’a quant à lui rien eu à se mettre sous la dent. Auteur de deux bons retours défensifs pour sauver des ballons d’essais (27e et 56e), l’ailier n’a pu s’interposer face à la puissance de Levani Botia (37e).

À Deflandre, la jeunesse toulonnaise a souffert, c’est évident. Mais, ce dimanche soir, Pierre Mignoni voulait voir « du courage » et de « l’engagement ». Nul doute que, sur ce point-là, cette bande de potes a répondu présent. Tous ne sont pas encore prêts, non. Mais tous méritent d’être revus. Demain, ou dans un futur proche.