C’est une histoire que les juges marseillais commencent à bien connaître. Ce lundi 5 janvier, a comparu devant le tribunal correctionnel l’un des pharmaciens du scandale Urgo, du nom du groupe pharmaceutique français épinglé en 2021 par la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) pour avoir offert des cadeaux de luxes à 8 672 patrons d’officines aux quatre coins de la France en échanges de remises sur leurs commandes. Une infraction à la « loi anti-cadeaux », qui interdit depuis 1993 les professionnels de santé d’accepter des présents de fournisseurs.
En janvier 2023, le groupe Urgo via deux de ses filiales avait été condamné à une amende de 1,125 million d’euros, dont 625 000 euros avec sursis, et la confiscation de plus de 5,4 millions d’euros par le tribunal correctionnel de Dijon. Dans la foulée, les enquêteurs de la répression des fraudes avaient transmis aux différents parquets de France les dossiers des pharmaciens impliqués. Ils étaient 216 praticiens dans le ressort du parquet de Marseille, pour des montants de cadeaux allant de 62 euros à 83 000 euros, les plus larges bénéficiaires étant poursuivis, les autres bénéficiant d’alternatives aux poursuites.
15 000 € d’amende requis
Gérant d’une pharmacie du cours Belsunce (1er), Éric N. s’était fait offrir cinq montres de luxe, des bonnes bouteilles et de l’électroménager pour une valeur globale de 15 000 € entre 2015 et 2020. Se présentant comme une « victime » du groupe Urgo, inventeur « d’un système pour piéger les pharmaciens », il a plaidé à la barre l’ignorance, soutenu par son avocate, Julie Requin-Tourret qui a mis en exergue la confiance que la profession accordait à ce géant de l’industrie pharmaceutique.
Le pharmacien marseillais a été condamné à 15 000 € d’amende dont 5 000 € avec sursis. Une peine moins lourde que celle requise par le procureur Guillaume Bricier de 15 000 € ferme, mais une condamnation identique à celle de plusieurs praticiens jugés à Marseille ces derniers mois.