À Munich, Harry Kane découvre une autre
facette de l’exil : celle qui ne se joue ni sur le terrain, ni sur
la feuille de match.

L’adaptation à l’étranger ne se mesure pas uniquement en buts ou
en trophées. Pour Harry Kane, installé au Bayern Munich depuis
l’été 2023, l’intégration passe aussi par un défi bien moins
médiatisé : la langue. Malgré sa volonté affichée de s’immerger
pleinement dans la culture bavaroise, le capitaine anglais admet
que l’apprentissage de l’allemand s’avère plus compliqué que
prévu.

L’allemand, point noir de Kane

« C’est très difficile, honnêtement », reconnaît Kane,
qui suit pourtant deux cours par semaine. Le buteur de 32 ans
progresse, comprend davantage les échanges dans le vestiaire, mais
peine encore à se sentir totalement à l’aise. Cette barrière
linguistique, souvent sous-estimée, rappelle que même les stars les
plus aguerries doivent composer avec une réalité quotidienne
parfois pesante, loin de leur zone de confort.

Pour autant, pas question de parler de malaise sportif. Kane se
montre toujours élogieux envers le Bayern et son environnement. Son
rendement en Bundesliga reste à la hauteur des attentes, et son
implication dans le projet bavarois ne semble pas remise en cause.
Au contraire, l’attaquant se fixe déjà un objectif symbolique :
être capable de donner une interview en allemand avant la fin de la
saison.

Un détail révélateur, mais pas anodin

Ces confidences offrent néanmoins un éclairage intéressant sur
le long terme. Si Kane reste concentré sur ses performances et son
rôle de leader, ce type de fatigue invisible peut compter dans la
durée. En Allemagne, il apprend que l’exil ne se vit pas uniquement
ballon au pied. Un apprentissage exigeant, qui teste autant la
patience que la motivation d’un joueur habitué à évoluer dans un
cadre familier.