La députée libérale fédérale Chrystia Freeland a annoncé sur son compte X qu’elle quittera prochainement le Parlement du Canada pour servir à titre de conseillère auprès du gouvernement de Volodymyr Zelensky.
Plus tôt, lundi, le président ukrainien a annoncé la nomination de Mme Freeland au poste de conseillère au développement économique au sein de son gouvernement.
Mme Freeland, qui est d’origine ukrainienne, est très engagée dans le soutien et la défense de l’Ukraine, qui lutte contre l’invasion russe depuis février 2022.
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Chrystia Freeland avait déjà confirmé en septembre dernier qu’elle ne briguera pas de nouveau mandat lors des prochaines élections fédérales.
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
L’Ukraine est au cœur du combat mondial pour la démocratie et je suis heureuse de pouvoir y contribuer bénévolement en tant que conseillère économique auprès du président Zelensky, a-t-elle écrit dans sa déclaration.
En acceptant ce rôle non rémunéré, je quitterai mon poste de représentante spéciale du premier ministre [Mark Carney] pour la reconstruction de l’Ukraine. Dans les prochaines semaines, je quitterai également mon siège au Parlement, a-t-elle ajouté.
Outre ses fonctions de vice-première ministre dans le Cabinet de Justin Trudeau, Mme Freeland a également été ministre des Finances de 2020 à 2024. Elle occupe, depuis son départ du Conseil des ministres en septembre 2025, les fonctions de représentante spéciale du Canada pour la reconstruction de l’Ukraine.
Des compétences que compte bien mettre à profit le chef d’État ukrainien.
Chrystia possède une grande expertise dans ces domaines et une vaste expérience en matière d’attraction des investissements et de mise en œuvre de transformations économiques.
L’Ukraine doit aujourd’hui renforcer sa résilience intérieure, à la fois pour favoriser son redressement si la diplomatie aboutit rapidement et pour consolider sa défense si, en raison des retards de nos partenaires, la fin de ce conflit s’éternise, poursuit M. Zelensky.
Dans une entrevue accordée au Kyiv Post, Chrystia Freeland a expliqué que son rôle sera de faire la promotion des investissements en Ukraine et de convaincre les entreprises canadiennes de s’impliquer.
Le premier ministre Carney a pour sa part remercié Mme Freeland sur X. Le fait qu’une Canadienne occupe ce poste [de conseillère auprès du gouvernement Zelensky] à ce moment déterminant pour l’avenir de l’Ukraine témoigne une fois de plus du soutien indéfectible du Canada envers l’Ukraine, a-t-il écrit.
L’aventure libérale
Élue lors d’une partielle dans Toronto-Centre en novembre 2013, Chrystia Freeland représente le Parti libéral du Canada dans University–Rosedale depuis 2015.
Elle s’est particulièrement illustrée lors de la négociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), sous la première administration Trump, alors qu’elle était ministre des Affaires étrangères, et pour sa gestion des finances du pays pendant la pandémie de COVID-19.
En désaccord avec le premier ministre Justin Trudeau, elle a démissionné en décembre 2024 de son poste de ministre des Finances quelques heures avant la présentation d’un énoncé économique plombé par un déficit de 62 milliards de dollars.
En juillet prochain, Mme Freeland doit déménager en Angleterre pour occuper un poste de gestionnaire au sein de l’organisme caritatif Rhodes Trust, qui l’obligera à vivre à Oxford.
Servir deux gouvernements à la fois
Avant l’annonce de sa démission comme députée fédérale, l’opposition avait critiqué Mme Freeland lundi, estimant qu’elle ne pouvait pas se mettre au service du gouvernement canadien et ukrainien en même temps.
Elle doit choisir l’une ou l’autre fonction, avait déclaré le porte-parole conservateur en matière d’affaires étrangères, Michael Chong. D’autres députés conservateurs, dont Roman Baber et Todd Doherty, avaient souligné que l’acceptation de ce nouveau poste par Mme Freeland la plaçait en situation de conflit d’intérêts.
Bien que la Loi sur les conflits d’intérêts du Canada mentionne plusieurs interdictions pour les députés – comme exercer une autre profession ou un autre emploi – elle ne contient aucune disposition précise sur le fait de conseiller un chef de gouvernement étranger.
Une source proche de Mme Freeland, qui ne travaille pas officiellement pour elle, a confirmé en son nom que M. Zelensky lui avait proposé ce poste non rémunéré le 22 décembre, alors qu’elle se trouvait à Kiev, et que Mme Freeland en avait informé M. Carney le 24 décembre.
Cette nouvelle peut être consultée en chinois (nouvelle fenêtre) sur le site de RCI. (nouvelle fenêtre)
Avec les informations de La Presse canadienne