Premier album de Children Of Bodom, Something Wild occupe une place singulière dans la discographie du groupe. Court, intense et sombre, il mêle atmosphères black metal, éclats néoclassiques et riffs acérés, esquissant déjà le style unique d’un groupe appelé à marquer en profondeur le death metal mélodique.
Un disque brut, dense et audacieux
Sorti en 1997 alors que les membres de Children Of Bodom étaient à peine majeurs, Something Wild impressionne par sa maîtrise instrumentale. La guitare d’Alexi Laiho, à la fois précise et flamboyante, s’entrelace aux claviers de Janne Wirman, utilisés ici avant tout pour renforcer les ambiances. Moins frontal que les productions ultérieures, l’album privilégie des atmosphères sombres, parfois teintées de black metal, comme sur In the Shadows ou Touch Like Angel of Death.
Le chant extrême d’Alexi — déjà reconnaissable — peut diviser, mais s’accorde parfaitement à la tension qui traverse l’album. Les textes, pour la plupart improvisés, sont largement éclipsés par la force de l’interprétation. La structure des morceaux, elle, alterne rythmes frénétiques et passages plus lents d’inspiration néoclassique, avec des clins d’œil explicites à Bach et Mozart dans Red Light in My Eyes Pt. 1 & 2.
Débuts fulgurants, fin brutale
Formé en 1993 à Espoo sous le nom Inearthed, le groupe signe chez Spinefarm Records peu avant la sortie de ce premier album. Grâce à Something Wild, Children Of Bodom se fait rapidement un nom dans la scène metal européenne, porté par des titres comme Deadnight Warrior ou Lake Bodom. Ce dernier, inspiré d’un fait divers finlandais, donnera d’ailleurs son nom au groupe.
La suite de leur parcours est marquée par une évolution constante, entre les compositions plus directes de Are You Dead Yet? (2005) et l’élan retrouvé de Hexed en 2019. Mais en décembre 2019, Children Of Bodom donne son dernier concert à Helsinki. Le décès d’Alexi Laiho, un an plus tard, met fin à l’aventure.
Avec ses sept morceaux et ses 32 minutes, Something Wild reste un jalon essentiel de la discographie de COB, à redécouvrir pour mieux comprendre les origines d’un groupe qui a repoussé les frontières du metal extrême.