
Comparution initiale du président vénézuélien Nicolas Maduro devant les autorités fédérales américaines, à Manhattan
ZURICH, 5 janvier – La Suisse a décidé lundi de bloquer avec effet immédiat les éventuels avoirs en Suisse de Nicolas Maduro et d’autres personnes qui lui sont liées, après la capture du président vénézuélien par les forces spéciales américaines dans la nuit de vendredi à samedi et sa détention aux États-Unis.
Le Conseil fédéral, organe exécutif de la Confédération suisse, déclare dans un communiqué vouloir s’assurer que d’éventuels actifs acquis de manière illicite ne puissent pas quitter le pays.
La mesure, qui ne concerne aucun membre du gouvernement vénézuélien en place, vient compléter les sanctions déjà en vigueur et applicables depuis 2018, selon le communiqué.
« Si des procédures judiciaires ultérieures viennent à révéler que ces fonds sont d’origine illégale, la Suisse veillera à ce qu’ils soient restitués au profit de la population vénézuélienne. »
Nicolas Maduro, qui était au pouvoir au Venezuela depuis mars 2013 à la faveur d’élections entachées de fraude, doit comparaître lundi avec son épouse devant un juge fédéral à New York. Le dirigeant est notamment accusé de « narcoterrorisme ».
La Confédération indique suivre de près la situation « instable » au Venezuela et précise que plusieurs scénarios sont envisageables dans les jours et les semaines à venir, tout en rappelant qu’elle a appelé à la désescalade et au respect du droit international et de l’intégrité territoriale.
« La Suisse a également proposé à plusieurs reprises ses bons offices à toutes les parties et s’est efforcée de trouver une solution pacifique à la situation », selon le communiqué.
La mesure a été prise en application de la loi suisse sur les personnes politiquement exposées à l’étranger, à titre préventif, ajoute le communiqué, qui ne précise pas les montants des avoirs saisis.
Le gouvernement suisse n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
(Rédigé par Kirsti Knolle et John Revill, avec Oliver Hirt, version française Elizaveta Zhuravleva, édité par Augustin Turpin)