Au lendemain de la lourde défaite concédée sur la patinoire des Dragons de Rouen (6-0), Kevin Bergin, entraîneur des Gothiques d’Amiens, regrettait la deuxième partie de match de ses joueurs et appelle certains d’entre eux à montrer l’exemple.

Contrairement à d’autres équipes capables de renverser la hiérarchie, à l’image de Briançon qui l’a emporté face à Grenoble après avoir été mené 4-2, les Gothiques d’Amiens se sont une nouvelle fois fait balayer par une formation mieux classée, Rouen en l’occurrence. Pourtant, la partie n’avait pas mal débuté puisque les Picards rentraient au vestiaire sur un score nul et vierge après les 20 premières minutes. « On a eu beaucoup de chances de marquer. Même durant le deuxième tiers, on s’était créé beaucoup d’occasions avant qu’ils marquent le premier but« , souligne Kevin Bergin, qui estime que les trois buts encaissés en deuxième période ne reflètent pas la physionomie du match : « Je trouvais qu’on avait joué du très bon hockey. On n’a pas capitalisé sur nos chances mais le score aurait dû être très serré après 40 minutes.«  Mais s’ils ont été relativement malchanceux sur le premier but avec un palet qui rebondissait sur le patin de Richards avant de trouver la crosse de Rech, les autres auraient pu être évités avec « une petite erreur sur le deuxième but de notre quatrième bloc. Et du troisième au sixième but, on leur donne carrément. Ce sont des choses qu’on doit contrôler, qu’on avait bien fait pendant la première moitié du match. »

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hockey sur glace ligue magnus j15 dragons de rouen gothiques amiens gazette sports theo begler 051Les Gothiques les deux genoux à terre à partir du deuxième tiers.

3-0 après le deuxième tiers et un score doublé à l’issue du troisième, une dernière période dont le contenu a profondément agacé l’entraîneur amiénois : « Je n’explique pas la performance au troisième tiers. C’est inadmissible. » Il a notamment pointé du doigt le comportement de ses cadres alors même qu’il avait loué, deux jours auparavant, le leadership de certains qui avait permis de relancer la machine entre le deuxième et le troisième acte contre Anglet. Cette fois, la seconde pause n’eut aucun effet et les Gothiques s’écroulaient un peu plus lors des 20 dernières minutes : « Quand nos meilleurs joueurs ont des chances de marquer, ils doivent faire la différence. » Kevin Bergin fait là référence, entre autres, au face-à-face manqué avec le gardien de son top scorer, Kieran Craig. « Quand on joue des équipes du top 4, si tu veux gagner des matchs contre ces équipes-là, il faut aussi que ton meilleur défenseur soit Magovac. C’est ça qui fait la différence dans ces matchs-là », ajoute-t-il.

Il va falloir passer un cap.

Kevin Bergin, entraîneur des Gothiques d’Amiens

Car lors du match face aux Basques, la stratégie de casser le binôme Lavigne-Beauchamp avait porté ses fruits, les deux joueurs ayant été efficaces dans leur ligne respective. « J’avais vraiment beaucoup aimé les trios contre Anglet, je trouvais qu’on apportait de la vitesse sur chaque trio. En séparant Lavigne-Beauchamp, ça nous amène de l’énergie et du physique sur deux blocs. Je crois que contre Rouen, ça a bien fonctionné pour 40 minutes », justifie le technicien québécois. Mais le problème est bien là. Les Gothiques ne parviennent toujours pas à proposer une rencontre pleine en termes d’intensité : « Il va falloir passer un cap. Les trois derniers buts, on leur donne. Ils n’ont pas vraiment créé. Ce sont des choses qu’on contrôle nous-mêmes. Les gars sont capables, les gars doivent y croire. On va essayer de trouver des solutions pour pouvoir être plus focus mentalement sur 60 minutes. » Mais nous sommes déjà début janvier et la phase régulière de Ligue Magnus donnera son verdict dans deux mois. Les Samariens s’imposent souvent contre les équipes derrière eux au classement mais s’inclinent systématiquement face à plus fort sur le papier.

hockey sur glace ligue magnus j20 gothiques amiens diables rouge briancon gazette sports theo begler 028Les Gothiques n’ont d’autre choix que de reproduire leur première prestation réalisée à domicile contre Briançon pour se racheter.

Le collectif amiénois n’a finalement semblé jamais progresser depuis le début de la saison, réalisant simplement le strict minimum face aux formations les moins bien armées. Pour autant, Kevin Bergin conserve son optimisme, louable pour certains, agaçant pour d’autres, en affirmant que les ambitions du début de saison, c’est-à-dire finir 5e ou 6e et faire jeu égal avec les grosses cylindrées de la ligue, sont toujours d’actualité : « On veut finir le plus haut possible. Après un but concédé, on se doit de reprendre le momentum plus rapidement, on se doit de se bâtir une force de caractère. Nos leaders, nos meilleurs joueurs, doivent se regarder dans le miroir et apporter plus de caractère à cette équipe. » Il faudra en faire la démonstration dès vendredi lors de la réception de Briançon, 8e mais en pleine bourre et à égalité de points au classement avec des Gothiques qui n’ont plus de temps à perdre pour montrer un tout autre visage. Celui d’une équipe qui peut faire trembler n’importe qui, pas seulement les petits.

Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr (archives)