par John Irish

Les représentants d’une
trentaine de pays, le président ukrainien Volodimir Zelensky et
les diplomates américains Steve Witkoff et Jared Kushner se
retrouvent ce mardi à Paris pour une réunion de la « coalition
des volontaires » centrée sur la concrétisation de « garanties de
sécurité » pour l’Ukraine.

Objectif de ce rendez-vous organisé autour du président
français Emmanuel Macron, selon un document distribué aux
participants et consulté par Reuters : coordonner Européens,
Américains et Ukrainiens en matière de sécurité en cas de
cessez-le-feu ou d’accord de paix avec la Russie, qui a envahi
son voisin il y a près de quatre ans.

« Nous avons convergé sur les modalités opérationnelles des
garanties de sécurité. Nous dirons comment elles s’articulent,
la nécessité d’engagement de long terme de chacun », résume
l’Elysée.

En l’absence du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio,
retenu dans son pays par le dossier vénézuélien, Donald Trump
sera représenté à Paris par son envoyé spécial, Steve Witkoff et
son beau-fils Steve Kushner. Le général Alexus G. Grynkewich,
commandant des forces alliées en Europe à l’Otan, est aussi
annoncé.

FORCE MULTINATIONALE

Le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre
britannique Keir Starmer figurent au nombre des 27 chefs d’Etat
et de gouvernement attendus à l’Elysée pour une après-midi de
pourparlers suivie d’une conférence de presse.

La « coalition des volontaires », qui réunit la plupart des
pays européens, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et
le Japon, doit s’entendre sur la façon d’empêcher toute nouvelle
agression russe après l’arrêt des combats avec son voisin, ce
qui signifie surveiller une ligne longue d’environ 1.400 km.

« Américains, Européens et Ukrainiens doivent être au clair
sur quoi faire si le cessez-le-feu est rompu », explique un
proche conseiller d’Emmanuel Macron. « Il faut être capable de
qualifier nous-mêmes la gravité et de caractériser les incidents
le long de la ligne de front avant de prendre des décisions. »

Parmi les autres questions examinées figurent la
continuation du soutien aux forces armées ukrainiennes et le
déploiement d’une force multinationale pour garantir la sécurité
du pays frontalier de l’Union européenne, que Kyiv cherche
d’ailleurs à rejoindre.

Si Paris salue la présence des hauts diplomates américains à
la réunion, la volatilité de Donald Trump, qui a changé de
posture à plusieurs reprises dans ce dossier, reste un point
d’interrogation, tout comme la bonne volonté du président russe
Vladimir Poutine à aboutir à un cessez-le-feu.

Un haut responsable européen a dit à Reuters espérer qu’un
renforcement des garanties de la coalition des volontaires
aiderait à consolider les engagements américains esquissés lors
de discussions bilatérales entre Washington et Kyiv.

Dans une allocution dimanche soir, Volodimir Zelensky a émis
le souhait que le sommet de l’Elysée soit utile.

« L’Ukraine se prépare à deux scénarios : la voie
diplomatique, que nous privilégions, ou une défense plus active
si la pression exercée par nos partenaires sur la Russie s’avère
insuffisante. L’Ukraine aspire à la paix », a dit le président
ukrainien, qui déjeunera mardi avec Emmanuel Macron.

Dans le prolongement de la rencontre de l’Elysée, Emmanuel
Macron réunira jeudi les présidents des deux Assemblées, les
présidents de partis représentés au Parlement, les présidents de
groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat, les
présidents de la commission défense et affaires étrangères de
l’Assemblée nationale et du Sénat pour discuter de « la question
de l’Ukraine et des garanties de sécurité associées », ont fait
savoir les services du chef de l’Etat.

(Reportage John Irish, avec Elizabeth Pineau, édité par Kate
Entringer)