Pendant près d’une décennie, elle était omniprésente, appréciée des promoteurs immobiliers et des jeunes propriétaires. Aujourd’hui plus personne n’ose l’appliquer chez soi et voici pourquoi.
Cette couleur s’est imposée comme une évidence au milieu des années 2010, tant elle tranchait avec les tons jaunâtres et les boiseries vernies qui avaient marqué les appartements et maisons des générations précédentes. Désormais, la tendance s’est inversée : autrefois gage de modernité, elle est celle que tout le monde veut effacer.
Pour cette génération avide de nouveauté, elle avait tout pour plaire : sobriété, chic minimaliste, influence scandinave. Elle incarnait un mode de vie plus urbain, plus épuré, et s’accordait parfaitement avec la mode des lofts et des espaces ouverts. En peu de temps, cette couleur s’est imposée comme un standard : aucun risque de se tromper, aucun risque de déplaire. Elle était devenue le compromis universel. Selon Alice Moszczynski, décoratrice d’intérieur, « sa popularité était en réalité une réaction à ce qui l’avait précédé : des décennies de jaunes d’inspiration toscane et de beiges prononcés qui dominaient les maisons des baby-boomers ».
Mais c’est justement cette universalité qui a fini par la rendre insupportable. À force de vouloir plaire à tout le monde, elle a saturé le paysage décoratif. Murs, sols, armoires, mobilier : les intérieurs se sont transformés en espaces uniformes et impersonnels. Les envies ont changé. Les designers constatent désormais une demande pour des intérieurs plus chaleureux, avec des couleurs qui expriment davantage la personnalité de leurs habitants.
La génération Z, notamment, plébiscite aujourd’hui des teintes plus riches, des verts sauge ou olive, des bruns et des rouges profonds. L’idée étant de jouer avec les nuances, d’équilibrer les contrastes et de composer des intérieurs plus vivants. Bref, en 2025, la teinte qu’on ne peut plus voir en peinture n’est autre que le gris millennial.
© Dariusz Jarzabek – stock.adobe.com
Des designers comme Megan Pflug recommandent plutôt des blancs crémeux ou des teintes proches du lin. Pour les irréductibles, la solution passe par le compromis : le grège, mélange subtil entre gris et beige, permet de garder une base sobre sans retomber dans la froideur excessive.
D’autres conseillent de conserver cette couleur seulement par touches, associée à des finitions chaleureuses, du bois, du marbre aux veinures visibles ou des textiles naturels. Mais dans l’ensemble, la tendance est claire : l’engouement massif s’est transformé en rejet.
