C’est « un effort de solidarité inédit » mené par les services de l’État en lien avec les associations, a assuré ce lundi matin Marc Guillaume, préfet d’Île-de-France. Huit jours après le déclenchement du plan grand froid à Paris par la préfecture de région, face aux températures glaciales qui touchent la capitale, plus de 1 000 personnes ont pu être mises à l’abri ces derniers jours, sur les 1 200 places d’hébergement d’urgence ouvertes depuis le 28 décembre.

« C’est trois fois plus de places que lors de l’activation du précédent plan grand froid », en 2022, a notamment souligné Marc Guillaume lors d’un point presse organisé ce lundi en présence des responsables de plusieurs associations d’aide aux sans-abri, en charge de l’accueil des personnes en situation de précarité dans les différentes structures.

« À date, une solution peut être proposée à toute personne appelant le 115 », promettent les services de l’État. Malgré un nombre d’appels important, les délais d’attente permettent d’obtenir une proposition d’hébergement dans la journée.

300 places d’hébergement créées au Carreau du Temple

Au vu des températures glaciales qui doivent persister dans la capitale et sa région, la préfecture d’Île-de-France précise que le plan grand froid restera en vigueur au moins jusqu’en milieu de semaine, en fonction de l’évolution des conditions météo. Les maraudes ont elles aussi été renforcées afin d’aller directement au contact des personnes vulnérables n’ayant pas encore demandé un hébergement.

Au total, 17 lieux ont été mis à disposition des personnes vulnérables depuis le 28 décembre. Une partie des 1 200 places ouvertes concernent des nuits à l’hôtel, tandis que plusieurs bâtiments publics ont été ouverts à des associations. C’est notamment le cas de la mairie du Ve arrondissement, qui a récemment débloqué 50 places dans ses murs, mais aussi du Carreau du Temple (IIIe), mis à disposition du Centre d’action social protestant (Casp) par la Ville de Paris depuis le 3 janvier.

300 places y ont notamment été ouvertes, et l’accueil y est possible 24 heures sur 24. « Nous accueillons actuellement un peu moins de 180 personnes sur place, 120 places sont encore disponibles », détaille Aurélie-El Hassak-Marzorati, directrice générale du Casp. En plus des lits de camp et des couvertures fournis aux demandeurs, trois repas par jour sont également proposés aux personnes hébergées au Carreau du Temple.

« Des profils très divers » parmi les personnes mises à l’abri

La semaine dernière, dénonçant le manque de places proposées aux familles à la rue par les services de l’État, l’association Utopia 56 organisait une opération symbolique devant un centre d’hébergement d’urgence du XIXe arrondissement. Ce lundi, les services de la préfecture d’Île-de-France assurent que toutes les familles en situation de vulnérabilité, dont certaines dormaient encore devant l’Hôtel de Ville ces derniers jours, ont pu être accueillies au sein du Carreau du Temple.

« Nous accueillons trois types de public différents : des familles, soit environ 110 personnes, mais aussi 37 femmes isolées ainsi que 27 jeunes en situation de recours auprès de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) », détaille Aurélie-El Hassak-Marzorati. Parmi les familles prises en charge, la directrice générale du Casp évoque là aussi des profils très divers.

« Je pense notamment à une mère de trois enfants qui travaille à l’aéroport de Roissy et est en attente d’un CDI, et s’est retrouvée en situation de rue, mais aussi des enfants réfugiés arrivés récemment en France avec leurs parents », détaille la responsable associative.

Pour les structures d’accompagnement, l’enjeu est désormais d’évaluer au cas par cas les situations des personnes prises en charge, afin de les orienter vers un parcours d’hébergement adapté à l’issue de cette période de grand froid.