Calboni M’Bani, alias Calbo, formait avec son frère Lino l’un des duos majeurs du rap français de la fin des années 1990, au sein du collectif valdoisien Secteur Ä. Le rappeur franco-congolais est mort ce dimanche 4 janvier, à l’âge de 52 ans.

« Calbo est, et restera, avec nous », a réagit le rappeur Stomy Bugsy, à la suite du décès de Calbo (photo).

« Calbo est, et restera, avec nous », a réagit le rappeur Stomy Bugsy, à la suite du décès de Calbo (photo). Photo Vincent Muller/opale.photo

Par Rachel Rousseau

Publié le 05 janvier 2026 à 16h13

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Les paroles s’envolent, mais les écrits restent. Calboni M’Bani, alias Calbo, cofondateur du mythique duo Ärsenik, formé avec son frère cadet Lino au début des années 90, en laisse toute une flopée derrière lui. Dimanche 4 janvier, sa famille annonçait la disparition de ce pilier du rap français à l’âge de 52 ans, dans un communiqué diffusé sur Instagram. « En ces moments particulièrement douloureux, la famille appelle à la bienveillance, au respect et à la retenue. Au-delà de la figure publique, Calbo était avant tout un proche, un parent, un être cher. »

Originaire du Congo, il grandit dans le quartier de la Cerisaie, à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). Avec Jérôme Ebella, alias Kenzy, manager du groupe Ministère A.M.E.R et fondateur du collectif Secteur Ä, qui repère les deux frères, Ärsenik contribue à sortir le rap de la banlieue francilienne pour atteindre les scènes de la capitale, s’imposant comme un emblème de ce premier âge d’or du rap en France. Connus pour leurs plumes, ils posent, avec d’autres artistes hip-hop de l’époque, les premières bases du genre. Ces partisans d’un rap militant narrent la vie des banlieues en tant que jeunes descendants de parents africains.

“Deux albums qui ont marqué leur époque”

« Qui peut prétendre faire du rap sans prendre position », écrivait Arsenïk en 1998 sur Boxe avec les mots. Avec ce titre, ils signent l’un des morceaux les plus percutants de Quelques gouttes suffisent, album devenu classique dans le rap français autant lyriquement que visuellement. « Un grand choc, d’après le journaliste, spécialiste du rap, Olivier Cachin auprès de l’AFP, parce qu’on découvre la confirmation du talent incroyable de Lino et de Calbo pour l’écriture. » Assis côte à côte en survêtements Lacoste sur la pochette légendaire du disque, ils contribuent même à populariser la marque chez les jeunes de banlieue, alors que le luxe ne voulait pas encore être associé aux milieux populaires.

Très vite certifiés double disque d’or pour ce projet, les deux frères enchaînent les tournées et les projets réalisés au sein d’autres collectifs. D’abord avec le Secteur Ä, où se retrouvent de nombreux artistes emblématiques comme Stomy Bugsy et Passi, membres du Ministère A.M.E.R, Doc Gynéco ou Nèg’Marrons. En mai 1998, ce collectif marquait les esprits, lors de deux soirées à l’Olympia pour le 150ᵉ anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Le duo rejoint aussi le groupe franco-congolais Bisso Na Bisso, fondé par Passi. En 2002, les frères sortaient leur deuxième et ultime disque, Quelque chose a survécu. « Il n’y a eu que deux albums d’Ärsenik mais ce sont deux albums qui ont vraiment marqué leur époque », résume Olivier Cachin.

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Depuis, le rappeur avait collaboré avec d’autres artistes, avant de revenir, en 2021, avec une autobiographie, suivie de l’album solo du même nom, Quelques gouttes de plus, en 2022. Les causes de sa mort n’ont pas été évoquées par la famille, mais cette disparition a bousculé le monde du rap, de Rohff à Kery James, qui s’est ému à travers de multiples hommages sur les réseaux sociaux. « Calbo est, et restera, avec nous », écrivait sur Instagram le rappeur Stomy Bugsy.