Les supporters du FCG s’en souviennent encore. Le 4 janvier 2014, les Grenoblois réalisent un exploit monumental en battant chez lui Toulon, champion d’Europe en titre (22-21), en Top 14 grâce à une interception à deux minutes du terme de l’ailier fidjien Alipate Ratini.
Une action décisive qui fera beaucoup parler du côté de la Rade car quelques secondes avant, l’arbitre Laurent Cardona avait donné un avantage au RCT pour une faute dans un maul avant de le retirer. Dans une vidéo publiée sur Youtube lundi, le désormais co-entraîneur de Soyaux-Angoulême en Pro D2 a expliqué son choix.
« Avec beaucoup plus d’expérience, il aurait peut-être fallu revenir sur cette situation, même si j’avais décidé que l’avantage était terminé. Des années plus tard, on peut considérer que l’avantage s’est retourné contre Toulon, dit-il. Aujourd’hui, je peux le dire, mais à l’époque j’étais sur ma vérité et ça ne se faisait pas de revenir sur un avantage terminé. Maintenant, avec la vidéo, tout est différent. »
« Cet épisode-là m’a fait mal »
Mais ce n’est rien par rapport à la suite. Après le match, le manager toulonnais Bernard Laporte a laissé un message vocal très piquant sur le téléphone de l’ancien arbitre.
« Il faut que tu arrêtes d’arbitrer. Je te le dis simplement. Il y a des ministres qui démissionnent parce qu’ils ne sont pas au niveau, je te le dis, il faut que tu démissionnes. Si ta femme s’est faite baiser par un Toulonnais il faut que tu nous le dises, nous, on n’y est pour rien. Tu es nul. Va jouer à la pétanque, fais autre chose mais n’arbitre pas. C’est pathétique ton match. Tu te rends compte comme c’est grave ce que tu as fait aujourd’hui. Tu me rappelles quand tu veux », a lâché l’actuel directeur du rugby de Montpellier, qui a donné son accord pour diffuser cet l’extrait.
Reste que cela a marqué Laurent Cardona. « Je n’ai pas trop l’habitude de m’écrouler devant les premières difficultés, même si celle-ci semblait très haute. Cet épisode-là m’a fait du mal, je dirais qu’il m’a touché, mais pas coulé. C’est clair que cela m’a atteint, c’était horrible à vivre », estime-t-il. Selon lui, cette »affaire » est « le clash qui a changé l’histoire du rugby ».