Alliance évaporée

Cette alliance s’est pourtant évaporée en quelques heures, le 3 janvier dernier. Selon la presse russe, Donald Trump avait préparé son opération sur le plan diplomatique. Dans le cas de la Russie, la question vénézuélienne aurait en effet été abordée lors des nombreuses discussions liées au conflit en Ukraine. « Les Américains ont politiquement coupé tous les soutiens extérieurs de Nicolas Maduro avant d’agir, dont celui de la Russie et de la Chine », affirme ainsi, dans le journal Kommersant, Maxim Suchkov de l’Institut MGIMO. Ce qui permettrait d’expliquer ce nouvel abandon d’un allié par Vladimir Poutine, un an après avoir tourné le dos au régime de Bachar al Assad en Syrie.

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La Russie a bien dénoncé les actions de Donald Trump, mais majoritairement par la voix de son ambassadeur à Washington, qui a appelé à « la libération du président vénézuélien et de son épouse ». Selon plusieurs politologues, le Kremlin accepterait quant à lui ces pertes d’influence, inhérentes à la conception d’un « nouvel ordre mondial » basé sur le contrôle de son « étranger proche ».

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Dans un contexte de triomphe des forts, plus personne ne croit à un ordre mondial fondé sur les règles.

« La Russie a sa propre sphère d’influence et peu importe à quel point la république bolivarienne était belle, il est évident qu’il aurait été désespéré de s’impliquer dans une lutte pour sa survie », estime à ce titre le politologue pro-Kremlin Alexeï Naumov. « Dans un contexte de triomphe des forts, plus personne ne croit à un ordre mondial fondé sur les règles. La Russie a compris que nous avions affaire à une nouvelle multipolarité cynique où tout le monde garde sa patrie et les territoires adjacents. »

Ils ont soudoyé tout le monde

Les vétérans des forces spéciales russes, de leur côté, se sont montrés totalement jaloux du succès de cette opération, semblable à celle que la Russie avait tenté d’effectuer en Ukraine en 2022 pour décapiter le pouvoir ukrainien. « Ils ont agi illégalement, inhumainement et de manière illicite, mais probablement de façon habituelle. Je pense que, dans l’ensemble, l’opération n’était pas si impressionnante, mais plutôt médiocre. Il n’y a eu aucune résistance, ils sont entrés rapidement, ont soudoyé tout le monde et les portes se sont ouvertes ! », assure Vitali Demidkin, colonel du FSB.

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En mauvais joueur, l’ancien des forces spéciales russes « Alpha » assure, non sans mauvaise foi : « Nos hommes sont meilleurs à tous points de vue. Nous pourrions kidnapper Zelensky mais nous respectons le droit international. Par conséquent, nous n’entreprenons pas cette action pour le moment. »

Pas de grandes conséquences

Le Kremlin a perdu un partenaire et reste attentif aux actions américaines relatives aux industries pétrolières vénézuéliennes, sans que l’on sache si ce point a déjà été discuté avec Washington. Cette initiative de Donald Trump ne devrait toutefois pas avoir de grandes conséquences sur les discussions liées à l’Ukraine, Moscou ayant pour habitude de compartimenter les enjeux géopolitiques et diplomatiques.

De plus, les agents d’influence de Moscou ont gagné dans cette affaire un nouvel argument de poids pour jouer la rhétorique du « double standard occidental », dont l’effet est d’autant plus important que Donald Trump a ouvertement assumé son intérêt pour les ressources vénézuéliennes et que les réactions européennes n’ont pas démontré une opposition radicale à ses intentions.

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Dans sa réaction, l’ancien président russe Dmitri Medvedev a ainsi dénoncé une « opération militaire illégale », alors que « le Venezuela ne menaçait pas les États-Unis », avant d’ironiser sur « un bel exemple de maintien de la paix à l’américaine ».

Mais le politicien a surtout dénoncé un « deux poids deux mesures de la part des Européens » qui « ferment les yeux sur cette agression américaine ne tenant ni juridiquement, ni moralement ». Avant de conclure que Washington « n’a plus le droit de critiquer la Russie pour ses propres actions ».