Le géant des VTC, associé au constructeur de véhicule électrique Lucid et la start-up de conduite autonome Nuro, a dévoilé à Las Vegas une berline de luxe et annonce le lancement d’un service commercial en 2026 dans la région de San Francisco où règne la filiale de Google.
Partenaires à Austin et Atlanta, mais bientôt rivaux partout ailleurs. Associé depuis l’an dernier à Waymo pour exploiter des robots-taxis dans ces deux villes américaines, Uber a profité du CES de Las Vegas pour montrer qu’il ne comptait pas laisser la filiale de Google imposer seule sa loi sur la conduite autonome et venir lui mordre les mollets. Partenaire depuis juillet du constructeur de véhicules électriques Lucid, et de la start-up Nuro dans laquelle il a investi 300 millions de dollars, le géant des VTC a levé le voile sur un robot-taxi qui sera l’un des piliers de son service mondial de conduite autonome.
Présentée dans le Nevada, cette berline autonome haut de gamme basée sur le SUV Lucid Gravity (vendu à 80.000 dollars) doit entrer en production en série en 2026. Uber s’était engagé en juillet dernier à en acheter pour 20.000 modèles au moins. Déjà testée sur route depuis décembre, la berline autonome sera lancée sur les routes et avec des clients dès cette année, avec un premier déploiement attendu dans la baie de San Francisco. Uber et ses partenaires indiquent que le véhicule peut embarquer jusqu’à 6 passagers avec bagages. Halo disposé sur le toit avec des LED indiquant les initiales du passager qui sera récupéré, siège chauffant, écrans de divertissement ou d’information dans l’habitacle avec de multiples données en temps réel sur ce que voit le logiciel de conduite autonome…il s’agit d’un service premium.
20 dollars pour refermer une portière : quand Waymo fait appel aux humains pour voler au secours de ses robots-taxis
Sur le versant technologique, Nuro promet de son côté une autonomie de niveau 4, basée notamment sur les performances de calculs des puces Nvidia. « Uber est fier de s’associer à Lucid et Nuro pour mettre sur le marché, plus tard cette année, un robotaxi à la pointe de la technologie », indique Sarfraz Maredia, responsable mondial de la mobilité chez Uber, dans un communiqué. Ce dernier se réjouit ainsi de mettre sur pied « une nouvelle alternative pour des trajets autonomes abordables et extensibles dans la baie de San Francisco et au-delà. »
Waymo, un partenaire mais aussi rival pour Uber
Le premier terrain de jeu choisi par les trois partenaires et il est vrai symbolique : c’est là que Waymo, leader mondial du secteur avec plus de 10 millions de trajets déjà effectués, a pris une longueur d’avance et opère en quasi-monopole sur le segment de la conduite autonome. Or sur place, pas besoin d’une application Uber pour commander son trajet. Waymo dispose de sa propre plateforme de réservation, et grignote des parts de marché aux VTC d’Uber conduit par les humains.
Également présente à Los Angeles, la filiale du géant de Mountain View veut déployer 10 villes américaines de plus en 2026, et attaquer le marché londonien. Certes, le service de Waymo est encore plus cher que ceux de son rival ou de Lyft à San Francisco, selon les études. Mais la tendance est à la baisse. Et Waymo, qui n’a pas besoin de rétrocéder la majeure partie du prix de la course à un chauffeur, a également plus de latitude pour réduire ses frais s’il veut un jour prendre du terrain aux services de VTC.
Face à ce partenaire qui s’impose de plus en plus comme un rival, Uber doit multiplier les initiatives pour mettre un maximum de robots-taxis sur les routes. Depuis l’abandon de sa filiale de logiciels de conduite autonome ATG en 2020, le groupe multiplie d’ailleurs les partenariats externes avec des start-up de l’IA dans le segment du véhicule autonome. C’est le cas avec Nvidia par exemple, les deux groupes s’étant engagés à déployer plus de 100.000 robots-taxis dans le monde à partir de 2027. Mais également avec des firmes chinoises comme WeRide, Pony.ai, Momenta.
Google, Nvidia… L’essor des robots-taxis aiguise l’appétit des géants de la tech
Au Figaro en décembre dernier, le président et directeur de l’exploitation chez Uber Andrew Macdonald soulignait qu’Uber travaillait aujourd’hui avec « 20 partenaires qui forment notre écosystème». «La question qui se pose aujourd’hui, c’est comment gagne-t-on de l’argent avec les véhicules autonomes et quels sont les coûts ? Pas seulement ceux de la plateforme construite par un constructeur auto mais aussi ceux de tous les équipements qui s’ajoutent : les capteurs visuels et sonores, les caméras, les radars, les puces, le calculateur qui est le cerveau et qui fait fonctionner le logiciel.»