La chercheuse se rappelle que, même lors de la guerre en Irak, les États-Unis ont déployé « tout un argumentaire juridique, avec des résolutions du Conseil de sécurité adoptées etc. Ce n’était pas seulement une argumentation formelle, mais tout un jeu multilatéral auquel les États-Unis prenaient part ». Même si la justification pour la guerre était fallacieuse, une justification était officiellement apportée et débattue par les Nations Unies. Aujourd’hui, « Donald Trump n’a même pas tenté de justifier son intervention au regard du droit international », ni d’esquisser un regard vers l’ONU ou le multilatéralisme.

Pour Anne Lagerwall, l’ONU a été créée en 1945 « autour de certains principes qui devaient structurer l’ordre juridique international. On a réussi à trouver un consensus à ce moment-là entre des États extrêmement différents ». Lorsque ces principes sont violés, il est essentiel que la communauté internationale condamne unanimement la violation, sous peine de créer un précédent, une brèche dans l’ordre international de 1945. Depuis la capture du président vénézuélien, les condamnations de l’opération illicite ne sont « ni très fermes ni très unanimes » par les dirigeants du monde, y compris en Europe. Le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déclaré lors du Conseil de sécurité d’urgence du 5 janvier qu’un « dangereux précédent » avait été créé : « Il est encore possible d’éviter une conflagration plus étendue et plus destructrice ».