Par

Rédaction Ploërmel

Publié le

5 janv. 2026 à 15h56

Elle a fait ses premiers pas sur un terrain de football à Guer (Morbihan) à l’âge de 5 ans. Klervi Didelot a gravi les échelons au fil des années, jusqu’à rejoindre l’AS Saint-Etienne, club sacré champion de France de Ligue 1 à plusieurs reprises.

Pouvez-vous vous présenter ?

J’ai 19 ans et je suis originaire de Guer. Je suis actuellement en première année de DEUST ADECS (Diplôme d’Études Universitaires Scientifiques et Techniques – Agent de développement de club sportif) à l’université Claude Bernard Lyon 1, dans l’objectif de valider ensuite une licence STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives).

En parallèle, je suis éducatrice principale de l’équipe U11 féminine de l’AS Saint-Étienne. Je complète également mon emploi du temps avec un petit travail sur mon temps libre.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours footballistique ?

J’ai commencé le football très jeune, à 5 ans, dans le club de ma commune, les Enfants de Guer. À cette époque, j’étais la seule fille et je jouais en mixité avec les garçons. Quand la mixité n’a plus été possible, j’ai intégré la section féminine de Plélan-Maxent. C’est d’ailleurs dans ce club que j’ai commencé à m’intéresser à l’encadrement, à passer mes premières formations et à entraîner. Cela a vraiment marqué un tournant dans mon parcours.

Après le Covid, par manque d’effectif, j’ai rejoint l’US La Gacilly. J’y ai découvert le niveau senior régional, tout en continuant à me former et à encadrer des équipes. Aujourd’hui, je suis en rééducation suite à une rupture du ligament croisé et une fissure du ménisque. Même si je ne peux pas jouer pour le moment, je reste très investie dans le football à travers mon rôle d’éducatrice, avec l’envie de continuer à apprendre, à transmettre et, bien sûr, de revenir sur le terrain prochainement.

Comment s’est passée cette transition de La Gacilly à l’AS Saint-Étienne ?

Je sentais le besoin d’un nouveau défi et d’un vrai départ. Rejoindre une structure professionnelle était un rêve, mais je savais que je pouvais y arriver grâce à mon travail et ma détermination.

Quitter La Gacilly n’a pas été simple, mais rejoindre l’AS Saint-Étienne représentait une réelle opportunité de progression dans mon rôle d’éducatrice. Le club et le staff m’ont très bien accueillie, ce qui m’a permis de m’intégrer rapidement et de m’épanouir dans ce projet.

Changer de région et sortir de ma zone de confort pouvait faire peur, mais aujourd’hui je ne reviendrais sur rien. J’adore ma nouvelle vie, ce que j’entreprends et tout ce que j’apprends chaque jour. Je cherchais à découvrir un autre univers, et c’est pleinement accompli.

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Quelles différences remarquez-vous depuis que vous êtes dans votre nouveau club entre le football amateur et professionnel ?

La différence avec le foot amateur est énorme. L’exigence est beaucoup plus élevée et les problématiques ne sont pas les mêmes. Chaque geste est regardé et analysé, et porter le blason du club implique qu’on n’a pas le droit à l’erreur. Nous portons une identité et une responsabilité, et nous avons une réelle volonté de performance, de formation et de progression.

Le cadre est beaucoup plus structuré, avec des moyens humains largement supérieurs. Différents staffs, chacun avec un rôle précis, travaillent ensemble, et chaque joueuse bénéficie d’un suivi individuel. Les séances sont préparées dans le moindre détail et il y a un vrai travail sur la mentalité et la cohésion.

Comparés au foot amateur, le rythme, l’intensité et la rigueur sont largement supérieurs, mais cela permet de progresser beaucoup plus vite. On remarque aussi que les joueuses savent où elles veulent aller et que les parents sont beaucoup plus impliqués, ce qui contribue à créer un environnement motivant et exigeant.

Quels sont vos objectifs pour la suite de votre carrière ?

J’ai des objectifs clairs et ambitieux. Mon premier but est de continuer à progresser en tant qu’éducatrice, d’acquérir toujours plus d’expérience et de développer mes compétences avec les joueuses, tout en continuant à apprendre chaque jour. Je souhaite contribuer à leur progression mais aussi faire grandir la structure et participer pleinement au projet du club.

Sur le long terme, j’aimerais atteindre les plus hauts niveaux dans le football féminin et avoir un vrai impact sur le développement des joueuses et du club.

Je suis encore très jeune et j’ai ce côté un peu enfantin qui revient parfois, mais c’est ce qui me pousse aussi à chercher toujours le maximum. Mon rêve est de continuer à grandir, viser l’excellence, et pourquoi pas, un jour, finir devant votre téléviseur en voyant tout ce travail porter ses fruits !

Pensez-vous revenir en Bretagne pour entraîner une équipe du secteur ou travailler dans les formations des joueuses ?

Ne jamais dire jamais, mais aujourd’hui, je me sens très bien ici, pleinement investie et concernée par les beaux projets et les ambitions du club. Revenir immédiatement dans le football amateur n’est pas une priorité pour moi.

J’estime que l’apprentissage passe aussi par le haut niveau, en côtoyant des professionnels au quotidien, que ce soit au sein d’un club, des instances ou à travers les clubs adverses que l’on rencontre. Découvrir une nouvelle région permet également de se rendre compte de ce qui se fait ailleurs et de continuer à progresser. Je suis encore jeune et j’ai du temps devant moi.

Aujourd’hui, j’ai surtout envie de voyager, de découvrir, de sortir de ma zone de confort et de continuer à me former. C’est ce qui me permet de grandir, autant humainement que professionnellement.

Évidemment, mon club de cœur reste le Stade Rennais, et pouvoir revenir un jour en Bretagne grâce à mon travail et ma détermination serait un très bel accomplissement personnel. Je ne suis donc pas fermée à un retour, un jour, sur mes terres bretonnes.

Travailler dans un club amateur ambitieux, avec un vrai projet sportif, notamment autour de la formation des joueuses et du développement du football féminin, est aussi quelque chose qui me passionne énormément. Ce sont des sujets dont je pourrais parler et débattre pendant des heures.

Pour l’instant, je suis totalement concentrée sur le projet de l’AS Saint-Étienne. L’histoire, les valeurs et l’environnement de ce club sont incroyables, et j’ai envie de m’y investir pleinement et de participer au projet que la section féminine souhaite construire dans les années à venir.

Quel regard portez-vous sur le football féminin actuel ?

Je porte un regard très positif sur le football féminin. Depuis mes débuts, il y a eu beaucoup de progrès, que ce soit dans la médiatisation, les moyens mis en place ou la qualité du jeu. Les joueuses sont de plus en plus préparées, motivées et conscientes des exigences pour progresser, et le niveau général ne cesse de monter. Le public et les médias s’y intéressent davantage, ce qui donne plus de visibilité et d’opportunités aux jeunes.

Certains pays ont beaucoup avancé et nous devancent parfois, donc maintenant c’est à nous de rééquilibrer la balance. Bien sûr, sans titres nationaux ou résultats marquants, cela peut être plus difficile, mais le potentiel est là et le football féminin continue de se professionnaliser. Pour moi, c’est un moment passionnant, avec beaucoup de perspectives pour l’avenir.

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