La très médiatique députée du Rassemblement national Laure Lavalette se lance à la conquête de la mairie de Toulon, où la succession d’Hubert Falco ouvre une fenêtre pour l’extrême droite, qui enregistre des scores très importants dans le Var.

« Je m’appelle Laure, mère de famille de 49 ans et je me présente pour vous servir comme prochain maire de Toulon », commence-t-elle dans une « lettre aux Toulonnais » transmise ce mardi 6 janvier à l’AFP. Sous le slogan « Un avenir pour Toulon » rehaussé d’un soleil, elle se présente en veste blanche sans aucune mention ni référence visible à son parti.

Laure Lavalette part donc sans étiquette mais « soutenue par le RN », souligne son entourage qui explique que sur 59 colistiers, 30 ne sont pas encartés. Exit donc la photo de Jordan Bardella qui ornait les tracts des dernières législatives.

« On a des grandes chances de victoire »

Le parti d’extrême droite, qui a déjà conquis Perpignan et Fréjus sur le pourtour méditerranéen, nourrit dans ce port militaire une forte ambition pour les municipales de mars, depuis qu’Hubert Falco, maire de droite pendant 22 ans, a été démis de ses mandats par la justice après une affaire de détournement de fonds. D’autant que sa succession s’avère compliquée. « On a des grandes chances de victoire. Le Var est patriote », estimait Laure Lavalette il y a quelques semaines, dans un entretien avec l’AFP.

Aux dernières législatives, le parti à la flamme a de nouveau réalisé un quasi grand chelem dans le département, remportant sept des huit circonscriptions. Seul raté : celle de Toulon justement, remportée par un proche de Falco, rallié comme lui au macronisme.

Pour Laure Lavalette, Falco a fait « de bonnes choses », notamment en termes de rénovation. Mais « le centre-ville a été surgâté au détriment d’autres quartiers ». Comme le Pont du Las, « quartier complètement abandonné ». Elle en veut pour preuve les « 23 kebabs et barbiers à moitié vides » qu’elle explique y avoir recensés.

Sur son premier tract, elle souhaite donc « que chaque quartier soit considéré avec le même intérêt et les mêmes moyens », « rétablir la sécurité » dans cette ville réputée calme de 180 000 habitants, avec une « véritable police de proximité », lancer un plan de réfection des trottoirs ou créer des îlots de verdure.

Le précédent Jean-Marie Le Chevalier

Toulon fut une des premières grandes villes gagnées en 1995 par alors le Front national, le temps d’un unique mandat de Jean-Marie Le Chevallier, qui a laissé le souvenir vivace d’une gestion calamiteuse.

Laure Lavalette, elle, promet « la bonne tenue des finances ». Mère de cinq enfants, elle a commencé à s’imposer sur les plateaux des chaînes d’info en 2022, porte-parole de Marine Le Pen à la présidentielle.

Catholique pratiquante qui assume préférer la messe en latin et être opposée au mariage pour tous, elle commence à militer à l’université de droit de Bordeaux, puis se présente, en 1998, aux cantonales à Bègles, fief de l’écologiste Noël Mamère. « J’ai fait 10,33 %. À l’époque, c’était fou ».

Elle se marie à un Toulonnais, se consacre à sa vie familiale. En 1999, elle suit Bruno Mégret lors de son départ du Front national puis y revient au début des années 2010 et connaît ses premiers mandats de conseillère régionale et municipale. Élue députée de la 2e circonscription du Var en 2022, elle est réélue en 2024 au premier tour.

Pour conquérir la mairie de Toulon, elle affrontera notamment le sénateur Les Républicains Michel Bonnus, adoubé par Hubert Falco, qui conserve une influence notable malgré ses déboires judiciaires. À gauche, l’universitaire Magali Brunel mènera une liste « Toulon en commun ».