Ses affiches habillent les murs de bistrots, de lieux culturels et de particuliers. On y voit Lorient dans ses habits industriels : les grues du port de commerce, la Base, les bateaux, les rues et bâtiments construits après guerre, passés sous un filtre vintage bleu et orangé. La ville est belle derrière l’œil de David Mallégol. « Lorient est mon terrain de jeu », confie celui fait des dizaines et des dizaines de kilomètres à pied dans la rade, chaque année.
Ce quinquagénaire n’a pas le métier de photographe en bandoulière. Éducateur dans un foyer de vie pour handicapés la nuit, à Lanester, il sort le jour, smartphone à la main, plutôt le matin, quand les enfants sont à l’école. « Tout a commencé il y a quatre ans, raconte-t-il. Ma conjointe m’a incité à me bouger, faire du sport. Je n’avais aucune envie d’aller transpirer dans une salle. Marcher ou courir, pourquoi pas. Mais il me fallait un but ». David Mallégol se met à marcher entre le Péristyle et le port de Kernével. Il ramène des images faites au téléphone. Il les poste sur les réseaux sociaux. Les pouces pointés vers le haut de ses amis et connaissances l’encouragent à continuer.
L’art de la patience
« J’aime l’univers urbain, le bitume, la rue. Les ports de Lorient et la Base, avec ce style brut et ces lignes droites, sont de formidables lieux pour saisir des ombres, des instants, le détail sur lequel l’œil va s’arrêter. J’aime aussi m’amuser avec les reflets dans les flaques ».
David Mallégol ne se serait jamais lancé avec un appareil photo. « Le smartphone, c’est simple, il n’y a pas de manuel à étudier pour faire de la photo avec. Cela a permis à des milliers de gens de s’y mettre, comme moi. » Son outil : un appareil Google Pixel 9, toujours dans sa poche. Mais avant de saisir l’image qui retiendra notre attention, le Lorientais attend parfois longtemps, retourne des dizaines de fois sur le même lieu. « Je suis comme un requin qui revient 20 fois au même endroit pour saisir sa proie », sourit-il. Il retouche rarement ses prises de vues.
Cette image prise cet automne avec une feuille morte avait été proposée par David Mallégol en photo du jour aux lecteurs du Télégramme. (David Mallégol)De l’émotion et des souvenirs
Au mois de décembre, l’éducateur n’a pas beaucoup fait de sorties photo. Il a reçu des dizaines de demandes d’affiches que beaucoup ont glissé sous le sapin comme cadeau de Noël. Toutes ont été honorées en temps et en heure. « Des amateurs de mes affiches me disent que mes photos sont « le vrai Lorient », celui qu’ils ont connu quand ils étaient enfants ou qu’on leur a raconté. Faire de la photo, c’est aussi faire des rencontres. Les néo ou anciens Lorientais partagent leurs émotions en voyant mon travail, ils me racontent pourquoi ils aiment tel ou tel endroit, m’en suggèrent d’autres ».
« Je suis comme un requin qui revient 20 fois au même endroit pour saisir sa proie »
Les six prochains mois de David Mallégol seront bien occupés, entre expositions et nouvelles commandes. « Certains commencent à me demander pourquoi je ne propose pas des affiches de Larmor-Plage ou Lanester. Je fais de la photo pour le plaisir, pas pour gagner ma vie. J’ai un boulot, une famille. Et si je me sens aussi libre et bien pour faire de la photo, c’est parce que j’ai cet équilibre. »
Les affiches de David Mallégol sont en vente au Quartier Iodé, 7 rue de la Patrie, à Lorient. Il est possible de contacter le photographe via la messagerie de ses réseaux sociaux. Tarifs : 30 € l’affiche 30×40 cm, 50 € celle de 50×70 cm.