Après des années de recours et de tensions, le chantier du Lien, projet routier contesté au nord de Montpellier, se poursuit sous haute surveillance.

Le chantier du Lien restera comme celui des recours et des contretemps. Sur l’axe judiciaire, le Conseil d’État a sifflé la fin de la partie en juillet 2022 en rendant un avis favorable à la poursuite du projet, après dix ans de procédures, intentées notamment par un collectif de riverains et le maire de Grabels. Sur le terrain, les tensions entre acteur public et opposants ont régulièrement dégénéré. Opérations de blocage du chantier, jet d’œufs et d’huile de vidange sur les engins de chantier… À l’été 2021, une véritable ZAD (Zone à défendre) avait pris place sur le tracé du futur tronçon, tandis qu’un concasseur à 300 000 € était incendié cinq mois plus tard.

Un enjeu de sécurisation face au risque de vandalisme

Si les tensions sont aujourd’hui retombées, les opposants ne désarment pas. À l’instar du collectif SOS Oulala, pour qui le Lien reste un projet écocide et extrêmement impactant pour les habitants. Le chantier, lui, va se poursuivre sous très haute surveillance. « On a un enjeu de sécurisation face au risque important de vandalisme », confirment les équipes du Département.

Sur le tracé, des portails ont été installés pour limiter l’accès. Classique. Le positionnement de caméras à détection de mouvement, l’emploi d’une équipe cynophile ou la surveillance du chantier 24 h/24 l’est un peu moins. « Les gendarmes de la compagnie de Saint-Gely-du-Fesc sont également en alerte, pour intervenir en cas de problème », précise le Département.

« Tout cela pèse lourd sur le budget final »

« Les recours judiciaires sont normaux sur un tel projet, même s’ils nous ont obligés à poser le stylo pendant sept ans. Les dégradations, c’est autre chose. Elles ont déjà coûté cher et continuent de peser lourd sur le budget, avec les mesures de surveillance que nous devons mettre en place », déplore le vice-président du Département en charge de l’aménagement, Philippe Vidal.